Dieu est rouge (Liao Yiwu)

dieurouge

Date de publication originale/Dans cette édition : 2011/2015
Langue originale : Chinois
Maison d’édition : Books
Nombre de pages : 464
Quatrième de couverture :  Liao Yiwu a été élevé dans l’idée que la religion incarnait le mal. Dans son pays, la Chine communiste, les croyants sont au mieux considérés comme des illuminés, au pire comme des espions impérialistes. Cependant, à force d’être persécuté, Liao Yiwu s’est découvert un lien fort avec les chrétiens chinois, admirant leur engagement pour la liberté d’expression et leur quête de sens dans une société en pleine mutation idéologique. Il s’est donné pour mission de sauvegarder la mémoire des histoires enfouies de ces croyants courageux dont le gouvernement totalitaire n’a pas réussi à briser la foi. Avec truculence et tendresse, l’écrivain dissident fait parler celles et ceux qu’il est allé rencontrer en ville ou dans les campagnes les plus reculées, jouant parfois à cache-cache avec la police.

 

J’ai reçu cet ouvrage en m’abonnant au magazine Books ; j’avoue que je ne savais pas trop quoi penser de témoignages et d’histoires de chrétiens chinois rapportés par Liao Yiwu au fil de ses pérégrinations dans son pays pour justement les rencontrer. J’ai en effet très peu d’affinités avec les croyances religieuses en général, même si je suis suffisamment ouverte d’esprit pour les comprendre, bien que je n’y sois pas du tout réceptive. Et je crois que c’est dans cet état d’esprit que notre auteur transmet les témoignages qu’il a reçus : dans la plus parfaite objectivité possible, face à des croyances qui ne lui sont pas du tout familières, bien qu’il les comprenne. Il tisse de ce fait des liens plutôt intenses avec tous ceux qu’il interroge, notamment en raison de la prise de conscience des exactions vécues par cette part de la population chinoise depuis la prise de pouvoir de Mao et la condamnation pure et simple de toute religion. Étant lui-même considéré comme un dissident, mais pour d’autres raisons que religieuses, Liao Yiwu prend alors le parti de dénoncer, par l’intermédiaire de ces témoignages, l’idée que tout comportement qui ne correspond pas aux idéaux communistes est synonyme de dissidence, et ce encore à son époque, ce que ces témoignages de chrétiens, bien qu’âgés, montrent, puisqu’ils sont encore, au moment de la publication de l’ouvrage, clandestins ou persécutés. A cette transmission de témoignages, souvent sous la forme d’entretiens, et à la dénonciation du régime communiste par leur intermédiaire s’ajoutent des « intermèdes », c’est-à-dire des descriptions des lieux, ou de scènes de vie de certains de ceux qui vont témoigner, qui tranchent franchement avec l’aspect très journalistique du reste du récit, donnant à l’ensemble un tour parfois poétique qui montre à quel point l’auteur est foncièrement attaché à son pays.

Une lecture qui fut donc intéressante et bienvenue, n’étant que peu familière de la situation des Chrétiens en Chine, au contraire de certaines autres minorités religieuses du pays.

 

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