Une journée dans la mort de l’Amérique (Gary Younge)

younge

Date de publication originale/Dans cette édition : 2016/2017
Langue originale : Anglais (UK)
Maison d’édition : Grasset
Nombre de pages : 480
Quatrième de couverture :  » Chaque jour, ce sont près de sept enfants ou adolescents qui meurent par balle aux États-Unis. Cette statistique glaçante ne peut rendre compte à elle seule des vies détruites par les armes à feu, Gary Younge a donc décidé de raconter le destin des jeunes gens tués au cours d’une journée choisie au hasard. Ils sont dix à être abattus le 23 novembre 2013, dix enfants et adolescents âgés de 9 à 19 ans : sept noirs, deux hispaniques, un blanc. Gary Younge consacre un chapitre à chacune de ces victimes tuées par balle, parfois par accident, parfois lors d’un règlement de comptes : Jaiden, Kenneth, Stanley, Pedro, Tyler, Edwin, Samuel, Tyshon, Gary et Gustin. En recoupant les entretiens qu’il a menés avec leurs proches, les rapports de la police, du « 911 » et des journalistes locaux, il reconstitue la vie et les dernières minutes de ces jeunes, victimes de leur condition sociale, de la négligence des adultes, des lobbys. « 

 

C’est suite à la lecture d’un avis sur Babelio que j’ai eu envie de découvrir cet ouvrage, la problématique des armes à feu en général, et plus particulièrement leur prolifération aberrante et totalement autorisée aux Etats-Unis, m’ayant toujours interpellée. Pourquoi, difficile à dire, mais je me suis depuis longtemps intéressée au sujet.

Dans son essai, Gary Younge, journaliste anglais quelque temps expatrié aux Etats-Unis avec sa famille – ce qui explique cet essai -, parvient, et ce malgré son indignation face à la situation américaine, ainsi que le fait de se sentir particulièrement concerné par celle-ci (étant lui-même noir et père ; ce sont en effet à majorité des enfants ou adolescents noirs qui sont victimes des armes à feu aux Etats-Unis) à faire part de l’histoire de ces dix adolescents avec beaucoup d’objectivité, sans à aucun moment vouloir à tout prix faire pleurer dans les chaumières, mais sans pour autant masquer toutes les émotions ressenties par ceux, familles, amis, qui ont dû vivre avec la perte brutale d’un être cher, encore jeune. L’on oscille donc entre les considérations personnelles sur les témoignages qu’il a pu – ou non – obtenir pour son enquête au long cours, sur sa propre vie en lien avec ces témoignages, des ajouts d’informations à caractère factuel du journaliste, et les témoignages proprement dits, parfois retranscrits tels quels, parfois racontés par le journaliste qui reviennent sur les circonstances des décès. En donnant accès à l’histoire de ces dix morts d’une journée banale en Amérique, Gary Younge, – et c’est bien sûr le but fondamental de cet essai, ce qu’il explique longuement -, cherche à redonner vie à ceux qui sont devenus de simples données statistiques, à faire prendre conscience ainsi de l’absurdité de la politique américaine quant aux armes à feu, puisqu’en effet, elle aurait permis d’éviter la majorité de ces morts.

J’avoue que j’ai été plus que touchée par ce parti pris du journaliste de sortir de la déshumanisation habituellement de mise pour évoquer cette problématique, déshumanisation parfois illustrée dans toute sa splendeur par l’intermédiaire d’un fait divers de quelques lignes perdu au milieu d’un journal, qui revient sur un énième décès d’enfant ou d’adolescent américain par arme à feu, et qui montre somme toute la banalité de ces évènements. Une lecture que j’ai donc, même si j’y appris peu de choses, plutôt appréciée en raison de ce parti pris.

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