La rose de Saragosse (Raphaël Jerusalmy)

saragosse

Date de publication : 2018
Maison d’édition : Actes Sud
Nombre de pages : 189
Quatrième de couverture : Saragosse, 1485. Tandis que Torquemada tente d’asseoir sa terreur, un homme aux manières frustes pénètre le milieu des conversos qui bruisse de l’urgence de fuir. Plus encore que l’argent qui lui brûle les doigts, cette brute aux ongles sales et aux appétits de brigand aime les visages et les images. Il s’appelle Angel de la Cruz, il marche vite et ses trajectoires sont faites d’embardées brutales. Où qu’il aille, un effrayant chien errant le suit. Il est un familier : un indic à la solde du plus offrant. Mais un artiste, aussi.

 

Au contraire des autres ouvrages déjà lus de Raphaël Jerusalmy (La confrérie des chasseurs de livres et Les obus jouaient à pigeon-vole), il n’est pas question dans celui-ci d’un artiste ayant existé, artiste dont l’auteur aurait fait le choix de raconter de manière totalement romanesque un instant de vie resté historiquement dans l’ombre. En effet, cette fois, c’est un personnage de l’invention de notre auteur, Angel de la Cruz, sorte de mercenaire au comportement dégrossi, à l’allure repoussante, paradoxalement artiste d’une délicatesse et d’une acuité étonnantes à ses heures, qui sera au cœur d’une intrigue somme toute classique mais efficace. C’est l’art, tout d’abord, qui est au cœur de cette intrigue, dans sa capacité à permettre à un artiste de conserver sa liberté coûte que coûte, et ce malgré le joug d’une entité tyrannique, ici l’Inquisition espagnole que représente Torquemada, bien décidé à découvrir qui a osé produire et diffuser dans Saragosse une caricature à son effigie. Du fait de cette plongée dans une atmosphère religieuse  tendue, force est de constater que la violence devient omniprésente au fil du récit, dans la présence de plus en plus forte de l’inquisiteur, atténuée malgré tout par la présence de la douce Léa, fille d’un bourgeois de la ville, elle aussi artiste, qui rencontrera Angel au fil de ses pérégrinations.

Soit, j’ai trouvé ce court roman agréable à lire, car Raphaël Jerusalmy a une belle plume, tout aussi délicate que les œuvres de ses personnages artistes présents dans celui-ci, mais il a manqué quelque chose pour que je sois vraiment conquise. Il avait réussi, avec beaucoup de brio, dans les œuvres précédentes que j’ai lues de lui, non seulement à rendre hommage à deux grands poètes de la littérature française (Villon et Apollinaire), mais encore à leur rendre vie. Avec La rose de Saragosse, je me suis sentie, du début à la fin, complètement en dehors de ce que je lisais, comme si les personnages et l’intrigue n’avaient pas réussi, cette fois, à prendre véritablement vie, comme si l’écriture était restée, cette fois, complètement désincarnée. Qui plus est, la grande brièveté du roman ne m’a, je pense, pas aidée non plus pour m’imprégner de son atmosphère : qui dit telle concision dit manque de descriptions, forcément, et donc de profondeur, notamment pour les personnages principaux. En somme, j’ai eu l’impression de lire une nouvelle plus qu’un roman ; or je ne suis pas une grande amatrice de nouvelles, justement pour les raisons sus-citées. J’ai donc été, en toute logique, déçue par ma lecture, surtout parce que je suis trop restée sur ma faim…

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