Autant en emporte le vent (Margaret Mitchell)

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Date de publication originale / Dans cette édition : 1936 / 2003
Langue originale : Anglais (US)
Maison d’édition : Gallimard
Nombre de pages : 1248

 

Classique de la littérature américaine que je me devais de lire, mais dont je repoussais sans cesse la lecture par crainte de me retrouver au centre d’une mièvrerie plus ou moins indigeste de plus de 1200 pages, Autant en emporte le vent a été une belle grosse surprise – un peu comme Nord et Sud l’année dernière -.

Certes, Scarlett O’Hara est bien le personnage central de l’intrigue, et ses errements sentimentaux, d’Ashley à Brett, sont bien au cœur de cette fresque se déroulant en Géorgie pendant la guerre de Sécession. Mais ce que j’ai surtout retenu de ce roman, c’est que toute une époque y est décrite autour et à travers elle, de la fin de son adolescence – qui correspond au début de la guerre –  à sa vie de femme accomplie – enfin l’est-elle vraiment, les derniers chapitres laissent en douter – qui s’est construite à la force du poignet, notamment du fait de son caractère bien trempé et de son orgueil. Ces deux traits de caractère, qualités autant que défauts, lui ont en effet permis de survivre à tous les affres du conflit qui allait progressivement mettre à genoux le Sud des Etats-Unis face au Nord, dans une débauche de violence parfois décrite dans tous ses détails : je pense notamment à la destruction d’une partie d’Atlanta qui oblige Scarlett à fuir pour rentrer à la ferme familiale dans des conditions plus qu’exécrables, avec Mélanie, sa belle-sœur qui vient d’accoucher, et son fils encore jeune. Et même plus que survivre, ces traits vont lui permettre de devenir celle qui osera faire fi des bienséances, autant personnelles que professionnelles. C’est donc une héroïne complexe qui nous est donnée à voir dans ce roman, en dehors de tout stéréotype figé que je m’étais plutôt attendue à trouver. Il en est de même pour les autres personnages principaux : chacun sort des cadres romanesques qui lui sont dévolus pour atteindre à un niveau de complexité supérieur, que ce soit par des actions ou des paroles inattendues. L’on semble vraiment au plus proche de la réalité humaine, avec les fluctuations de l’esprit causées par les divers sentiments qui peuvent étreindre tout un chacun au cours de sa vie sans crier gare.

De plus, cette époque, fondamentale dans l’histoire américaine, m’était surtout familière par le regard nordiste que j’en avais. Avec Autant en emporte le vent, c’était la première fois que je lisais un récit qui nous décrivait la guerre de Sécession du côté sudiste, et j’avoue que cela m’a fait quelque peu relativiser quant au comportement des nordistes que j’imaginais bien plus positif. L’on voit en effet que Margaret Mitchell s’est vraiment bien documentée pour donner corps et vraisemblance à toute la partie historique de son roman, mais j’ai malgré tout eu du mal avec l’image parfois complaisante de l’esclavagisme et des grandes plantations de l’époque qu’elle nous donne. J’ai presque eu l’impression d’une certaine nostalgie du Sud ségrégationniste, ce que j’ai trouvé vraiment gênant au fil de ma lecture, notamment quant aux descriptions faites des noirs, même après l’abolition de l’esclavage : ils sont tous présentés comme idiots, fidèles à leurs maîtres au point de ne pouvoir vivre sans eux, même lorsqu’ils deviennent indépendants, si bien qu’ils finissent tous par voler, violer, tuer sans vergogne, étant incapables du moindre esprit critique. Il semblerait que l’auteure ait affirmé qu’à aucun moment elle n’avait voulu donner cette image ; l’on peut lui donner le bénéfice du doute si son but a été de nous montrer au plus près le ressenti des sudistes après leur défaite et tous les bouleversements subis en conséquence… Mais j’en doute, vu les comportements face aux noirs qui ont perduré et qui perdurent encore dans ces états…

Une lecture qui fut donc passionnante, mais malgré tout problématique pour moi quant aux idées parfois véhiculées par son auteure.

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