Aya (Marie-Virginie Dru)

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Date de publication : 2019
Maison d’édition : Albin Michel
Nombre de pages : 224
Quatrième de couverture : Aya, c’est toute l’âme de l’Afrique, sa sensualité, sa magie et sa rudesse. Aya, c’est une fille de douze ans, pas encore une femme, belle comme un soleil, et qui ne rêve que d’épouser son petit amoureux, Ousmane. Main dans la main, ils se promènent sur les bancs de sable de Karabane avant de plonger dans l’eau, où ils croisent Moussa de retour de la pêche dans sa barque bleue.
Ce paradis, Aya ne l’abandonnerait pour rien au monde, s’il n’y avait ce terrible secret qui la fait grandir trop vite et qu’elle ne peut partager avec personne. Contrainte de fuir son île, elle va peut-être se libérer du poids qui lui coupe le souffle et se forger enfin un destin.

Aya est un roman qui possède tous les ingrédients pour toucher son lecteur, avec au centre une famille au destin tragique que les enfants vont essayer de conjurer, plus ou moins heureusement, l’un en partant pour vivre le « rêve » européen, l’autre, Aya, personnage principal, en s’enfuyant de son île pour notamment échapper à un oncle incestueux et aux conséquences de cet inceste.

Mais, malgré ces ingrédients, ce roman n’a pas réussi à me toucher, et ce pour deux raisons principales. Tout d’abord, parce que l’intrigue m’a semblé un peu trop facile, c’est-à-dire que chaque évènement qui change le cours de la vie d’Aya ou d’un de ses proches arrive un peu trop à point nommé : entre les rencontres fortuites, ou au contraire manquées à un cheveu, les personnages qui changent de psychologie du tout au tout pour finalement correspondre au fil tissé par l’histoire choisie par son auteure – je pense surtout à la fin qui ne m’a pas paru crédible vu le caractère de la jeune femme – … J’ai eu l’impression de lire un conte bien plus qu’une histoire se voulant réaliste – à moins que je n’aie pas saisi l’enjeu de ce roman, ce qui rendrait les choses bien différentes. Cette succession d’évènements ne m’a pas du tout permis d’entrer pleinement dans l’histoire comme je l’aurais souhaité, ne croyant pas une seconde à ce que je lisais. De plus, j’ai trouvé que les personnages, peut-être encore davantage Aya que les autres, manquaient franchement d’épaisseur : leurs ressentis, bien que transcrits plus ou moins longuement au fil du roman, sont pour moi restés trop en surface, comme s’il avait été difficile de faire de ceux-ci de véritables êtres de papier prenant vie au fur et à mesure de l’histoire, et ainsi les rapprocher d’une forme de réalisme donnant plus de poids à l’intrigue qui posait justement souci à ce sujet. Les personnages m’ont semblé comme plaqués à une histoire qui ne leur correspondait pas. En somme, j’ai eu l’impression, tout au long de ma lecture, de voir apparaître trop lourdement toutes les ficelles narratives de création du roman, comme si tout venait nous dire que oui, nous sommes bien dans de la fiction. Et j’ai, dans ces cas-là, bien du mal à être touchée par ce que je lis, étant mise à distance du récit et de ceux qui sont censés le vivre, et moi à travers eux, par procuration.

Cependant, je tiens à souligner que la plume de Marie-Virginie Dru est agréable à lire et à suivre, toute en poésie et en pudeur qui correspond parfaitement au sujet évoqué, même si cela n’a malheureusement pas suffi à m’émouvoir.

Je remercie les éditions Albin Michel et Babelio de m’avoir permis de découvrir ce roman, qui, sans avoir été un coup de cœur pour les raisons sus-citées, n’a pas été une lecture désagréable pour autant. Je l’ai en effet lu quasi d’une traite, c’est dire !

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