Tropique de la violence (Nathacha Appanah)

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Date de publication : 2016
Maison d’édition : Gallimard
Nombre de pages : 176
Quatrième de couverture : « Ne t’endors pas, ne te repose pas, ne ferme pas les yeux, ce n’est pas terminé. Ils te cherchent. Tu entends ce bruit, on dirait le roulement des barriques vides, on dirait le tonnerre en janvier mais tu te trompes si tu crois que c’est ça. Écoute mon pays qui gronde, écoute la colère qui rampe et qui rappe jusqu’à nous. Tu entends cette musique, tu sens la braise contre ton visage balafré ? Ils viennent pour toi. » Tropique de la violence est une plongée dans l’enfer d’une jeunesse livrée à elle-même sur l’île française de Mayotte, dans l’océan Indien. Dans ce pays magnifique, sauvage et au bord du chaos, cinq destins vont se croiser et nous révéler la violence de leur quotidien.

 

Vu les nombreux retours que j’ai pu avoir sur ce roman, je m’attendais à quelque chose de bien différent, notamment quant à la violence qui y censément décrite.

Évidemment, Nathacha Appanah nous raconte avec réalisme – l’on sent qu’elle s’est documentée et entretenue avec les premiers concernés – le quotidien d’un groupe d’adolescents mahorais livrés à eux-mêmes, qui vivent dans un bidonville de Mamoudzou, surnommé Gaza, sous la contrainte de leur chef de dix-sept ans, Bruce, et dont Moïse, le « héros » de l’histoire, sera un fascinant souffre-douleur, et ce principalement pour asseoir encore davantage son pouvoir sur le reste du groupe. Autour de ces adolescents, plusieurs adultes, de Mayotte ou de la métropole, ayant tous un lien plus ou moins important avec Mo, des premiers mois de celui-ci au drame dont il va se rendre responsable bien malgré lui quinze ans plus tard, et qui vont essayer, tant bien que mal, d’aider le jeune garçon d’abord à vivre, puis à survivre.

Alors évidemment, ce quotidien est particulièrement violent en soi, puisque la violence, physique ou morale, règne en maître dans un milieu où la loi du plus fort l’emporte sur tout le reste, et l’on ne peut pas ne pas décrire cette violence pour donner une image vraisemblable de l’île, gangrénée par la misère et laissée pour compte par la métropole depuis des années, ne faisant que rendre de plus en plus délétère le climat qui y règne déjà.

Mais malgré tout, je n’ai été que peu touchée par la façon dont ce quotidien est raconté : j’ai en effet trouvé que le style manquait de crudité, et de ce fait de réalisme, comme si la violence était ici intellectualisée, voire euphémisée, et ne se montrait pas sous son vrai visage. Qui plus est, le manque de véritable différenciation stylistique entre les très nombreux narrateurs de ce roman choral a pour moi renforcé cette sensation de désincarnation du thème abordé.

Je suis donc finalement passée en grande partie à côté de ma lecture, et de plus en plus au fil des pages…

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