Un jardin en Australie (Sylvie Tanette)

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Date de publication : 2019
Maison d’édition : Grasset
Nombre de pages : 128 (version ebook)
Quatrième de couverture : Quelque part vers le centre de l’Australie, la cité minière de Salinasburg s’étale en bordure du désert. Tout au bout, une petite maison de bois se cache dans un jardin à l’abandon. Deux femmes se racontent depuis cet endroit que les Aborigènes nommaient « le lieu d’où les morts ne partent pas ».

 

Un jardin en Australie nous narre deux destins de femmes dont le seul point commun, en apparence, est la maison dans laquelle elles vont vivre au beau milieu du bush australien, et le jardin de celle-ci que l’une, Ann, a aménagé avec beaucoup de passion, et auquel l’autre, Valérie, va tenter de redonner vie plusieurs décennies après la disparition de sa créatrice.

Deux destins de femmes que tout semble en effet opposer, mais qui se ressemblent finalement beaucoup, dans le désir qu’a chacune de s’épanouir pleinement, et ce peu importe le regard réprobateur que peut dresser sur elles la société qui les entoure – davantage certes pour Ann, fille de la haute bourgeoisie de Sidney qui épouse le jeune homme de son choix et part dans un lieu reculé d’Australie pour se libérer du joug parental, mais aussi pour Valérie, française expatriée suite à ses études, qui désire se reconstruire loin de sa famille issue des quartiers populaires marseillais, en construisant sa propre famille pour cela. Deux destins de femmes qui vont néanmoins finir par se rejoindre, bien entendu par l’intermédiaire du jardin, au centre de l’intrigue.

Ce que j’ai franchement aimé dans ce roman, c’est la vraie différence de voix entre les deux narratrices qui m’a permis d’être facilement entraînée à leur suite, et qui mime selon moi bien l’évolution entre les deux femmes. Évolution possible non seulement en raison de deux époques, de deux origines géographiques, mais aussi de deux classes sociales bien différentes, ou encore de deux comportements induits par la place laissée à la femme au sein de la société dans laquelle elle gravite. Évolution perceptible dans un contraste de vocabulaire ou d’images utilisés, dans des constructions syntaxiques très variables, entre Ann et Valérie, donnant aux protagonistes une véritable incarnation, plus que bienvenue dans une intrigue en soi assez classique.

Malgré tout, la brièveté de la lecture laisse un grand goût d’inachevé à mon ressenti final. J’avoue que j’aurais aimé davantage de développements, malheureusement à peine esquissés, sur des éléments de décor, notamment une description minutieuse du jardin, après tout central, ou sur d’autres éléments sociétaux qui restent en filigrane, alors qu’ils auraient pu donner, à mon sens, bien plus de force à l’ensemble de l’intrigue. La fin, surtout, est vraiment précipitée, et de ce fait manque quelque peu de crédibilité. J’ai finalement eu l’impression de lire une longue nouvelle plus qu’un roman, comme si l’on était resté à la surface de l’univers qui nous était donné à voir et que ces deux femmes, finalement, étaient trop imposantes pour le monde qui leur était proposé.

Merci à Netgalley et à Grasset de m’avoir permis de lire cet ouvrage.

 

 

1 réflexion sur « Un jardin en Australie (Sylvie Tanette) »

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