Les hauts plateaux (Lieve Joris)

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Date de publication originale / Dans cette édition : 2008 / 2009
Langue originale : Néerlandais
Maison d’édition : Actes Sud
Nombre de pages : 132
Quatrième de couverture : De Minembwe à Uvira, lieux difficiles à situer sur une carte de l’Afrique, Lieve Joris a traversé le Congo perdu de l’Est, non loin du Burundi et du Rwanda. Une marche au pays des collines vertes, là où cohabitent cultivateurs et éleveurs. […] Lieve Joris est allée à pied, cinq semaines durant, de village en village, dans cette région méconnue, résistante, restée à l’écart de la colonisation belge, où se côtoient des ethnies et des tendances politiques pas toujours en bonne entente.

 

J’aurais pu franchement apprécier ce récit de voyage qui nous entraîne dans les contrées africaines au même rythme qu’un roman. Lieve Joris a en effet un talent certain pour le romanesque, qui va ici lui permettre de nous raconter avec brio un voyage au Congo à double valeur pour elle : c’est d’abord le premier retour dans ce pays depuis la mort de sa mère en Belgique ; c’est aussi le premier voyage d’une blanche dans ces « hauts plateaux » congolais qui ont réussi à échapper à la colonisation belge. Cette narration romanesque est de plus bien servie par une précision documentaire constante qui nous donne la possibilité de visualiser au plus près lieux, personnes, situations qui sont décrites au fil de la plume de notre auteure belge.

Mais j’ai été plus que gênée par les relents colonialistes qui transparaissent de plus en plus au fil de cette même plume. L’on passe d’un récit dénué de tout jugement, qui ne sert qu’à raconter, décrire le plus fidèlement possible l’expérience vécue, sans filtre culturel d’Occidental en terre étrangère, à des descriptions de conversations et des commentaires condescendants qui laissent poindre la sensation de supériorité de ce même Occidental sur les individus qu’il côtoie. L’on a l’impression que, l’effet de la fatigue causée par cinq semaines de marche aidant, le naturel, chez notre voyageuse venue suivre les traces au Congo de son oncle justement colon, revient au galop pour nous donner une image marquée par un passé difficile à faire taire.

Je ne relirai donc pas de sitôt un récit de Lieve Joris.

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