Amour monstre (Katherine Dunn)

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Date de publication originale / Dans cette édition : 1989 / 2016
Langue originale : Anglais (US)
Maison d’édition : Gallmeister
Nombre de pages : 472

 

Découvert au détour du Challenge Etats-Unis auquel je participe, ce roman a été une franche surprise, jusqu’à se hisser dans mes coups de cœur lecture de l’année – et je dois dire qu’il n’y en a pas beaucoup en 2019, gageons que les derniers mois changent la donne – .

Nous sommes projetés dès le premier chapitre dans un univers carnavalesque qui met en question les notions d’altérité et de monstruosité, et ce par l’intermédiaire d’un ton on ne peut plus noir et grinçant. Ce ton, c’est celui d’Oly, cadette de la famille Binewski, dont Al, le père, possède un cirque qui voyage à travers les Etats-Unis, cirque familial qui va devenir une foire aux monstres éminemment célèbre. Naine et albinos en raison d’expérimentations chimiques faites durant les grossesses de sa mère, Lil, – les autres enfants ont également leur propre altérité physique ou psychique -, elle nous raconte en effet l’histoire de sa famille hors norme, de sa naissance par l’arrivée du premier enfant, Arturo, jusqu’à sa chute par le drame dont le même Arturo va se rendre responsable environ deux décennies plus tard. Entre les deux, une série d’évènements qui mettent au centre l’amour fraternel et l’orgueil poussés à leur extrême le plus glauque, et qui renversent tous les codes de la normalité telle que l’entendent les « normos », ceux qui ne font justement pas partie de la famille ou de son entourage.

Tout au long du roman, l’on oscille entre passé et présent, entre l’histoire de la famille au sein du cirque jusqu’au drame, et l’histoire d’Oly après ce même drame – je n’en dirai pas plus pour ne pas gâcher trop d’éléments de l’intrigue -, entre acceptation, voire glorification, et rejet de la monstruosité dont la majorité des personnages du roman est tributaire. Cette oscillation se fait avec beaucoup de fluidité et m’a rendu la lecture franchement captivante, au point d’avoir du mal à laisser de côté le roman pour vaquer à mes autres occupations. Je suis d’ailleurs ressortie étonnamment émue de cette histoire douce-amère, m’étant attachée à Oly et à sa famille au fil de son récit, comme si, au fur et à mesure, le renversement des codes décrit dans le roman s’était insinué en mon esprit et me faisait prendre à nouveau conscience de la relativité des êtres et des choses…

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