Sorcières (Mona Chollet)

005658757

Date de publication : 2018
Maison d’édition : Zones
Nombre de pages : 240
Quatrième de couverture : Qu’elles vendent des grimoires sur Etsy, postent des photos de leur autel orné de cristaux sur Instagram ou se rassemblent pour jeter des sorts à Donald Trump, les sorcières sont partout. Davantage encore que leurs aînées des années 1970, les féministes actuelles semblent hantées par cette figure. La sorcière est à la fois la victime absolue, celle pour qui on réclame justice, et la rebelle obstinée, insaisissable. Mais qui étaient au juste celles qui, dans l’Europe de la Renaissance, ont été accusées de sorcellerie ? Quels types de femme ces siècles de terreur ont-ils censurés, éliminés, réprimés ? Ce livre en explore trois et examine ce qu’il en reste aujourd’hui, dans nos préjugés et nos représentations : la femme indépendante — puisque les veuves et les célibataires furent particulièrement visées ; la femme sans enfant — puisque l’époque des chasses a marqué la fin de la tolérance pour celles qui prétendaient contrôler leur fécondité ; et la femme âgée – devenue, et restée depuis, un objet d’horreur. Enfin, il sera aussi question de la vision du monde que la traque des sorcières a servi à promouvoir, du rapport guerrier qui s’est développé alors tant à l’égard des femmes que de la nature : une double malédiction qui reste à lever.

 

Lecture dont j’attendais beaucoup, ayant été il y a quelques années plus que convaincue par un autre essai de Mona Chollet, Beauté fatale, Sorcières a finalement été une déception. J’ai, en effet, depuis cette première découverte, beaucoup lu, réfléchi… au sujet de la place des femmes dans des sociétés majoritairement patriarcales et pour cette raison, j’ai trouvé que ce nouvel essai ne faisait qu’enfoncer des portes ouvertes. Les grandes idées qui y sont présentées me sont déjà bien connues, et même si de nombreux exemples proposés me sont inédits, ils ne m’ont rien apporté de neuf quant à ma réflexion sur le sujet.

Certes, l’organisation en quatre parties choisie par l’auteure est bienvenue, mettant bien en exergue les différents points sur lesquels la femme est mise à mal depuis des siècles – indépendance féminine, maternité, vieillesse, rapport à la science, plus particulièrement à la médecine – mais j’ai en fait eu l’impression de lire une simple accumulation d’exemples. Or ces exemples mènent bien souvent à des partis pris personnels plus qu’à une vraie réflexion qui permettrait de faire avancer les choses. J’ai même parfois eu l’impression que l’on atteignait à une forme paradoxale de manichéisme mettant à mal l’intérêt même de cet ouvrage : à vouloir à tout prix glorifier l’altérité et l’indépendance féminines illustrées par l’image de la sorcière qui retrouve des lettres de noblesse, l’on en ostracise celles qui ont fait le choix conscient, c’est-à-dire non dicté par la société masculine qui les entoure, de ne pas être de « pures » sorcières. Ou comment l’on reproduit, d’une certaine façon, ce qui est reproché à cette société…

Moi qui avais envie de lire Chez soi sous peu, je crois finalement que je vais m’abstenir.

2 commentaires

  1. L’intérêt de ce livre est d’être lu aujourd’hui et de reposer ces questions 1000 fois posées et 1000 fois oubliées tant l’habitude et la paresse nous compresse. C’est aussi un hommage rendu au moyen âge qui ne brulait pas de sorcières autant qua la renaissance tant glorifié. Et les petites claque au monde des « Médecins » m’a semblé bien salutaire. Vous avez raison, ce n’est pas le grand livre attendu sur le féminisme, le retour de la moitié de l’humanité dans le concert des voix, mais c’est une brique utile.

    J'aime

    • Certes, il retrace un panorama assez exhaustif. Mais ce panorama, m’intéressant beaucoup au sujet, ne m’a rien apporté. Pour une entrée en matière, pourquoi pas. Les critiques donnaient plutôt l’impression d’une révolution sur le sujet, ce qui m’a gênée finalement… Quant à l’hommage rendu au Moyen-Age, j’ai trouvé que nous étions tout de même dans l’évocation prétexte plus qu’autre chose pour ouvrir l’essai.

      Aimé par 1 personne

Répondre à Stephen Sevenair Annuler la réponse.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s