On ne peut pas tenir la mer entre ses mains (Laure Limongi)

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Date de publication : 2019
Maison d’édition : Grasset
Nombre de pages : 288
Quatrième de couverture : Comme le FLNC, Huma Benedetti est née en Corse en 1976, entourée des secrets de son histoire familiale, dans un climat de colère et de ressentiment muet. Mais tôt ou tard, les enfants devinent ce qu’on leur tait, et Huma aperçoit dans l’œil de ses ascendants le reflet du mystère soigneusement occulté.
Elle grandit dans une villa perchée sur un rocher, entourée d’une grand-mère acariâtre, d’une mère énigmatique et d’un père masquant sa sensibilité sous des kilos de muscles et de violence. Pour s’absoudre ou s’isoler, les parents confient leur fille en offrande à l’aïeule. Huma prend des leçons de piano, fait ses devoirs et partage même le lit d’une grand-mère qui la maltraite avec une âpreté curieusement vengeresse.
Au fil du roman, les histoires s’entrelacent, levant au fur et à mesure le voile sur le silence qui empoisonne trois générations. Que se passerait-il s’il était rompu ? La honte sur la famille ? Son implosion ? Pire encore ? De peur de révéler leur secret, ses gardiens assistent impuissants à la déliquescence de la famille et maintiennent entre eux une distance glaciale.
Cette distance, c’est aussi celle qui existe, géographique, irréductible, entre l’île et le continent reliés par le mystère d’une eau tour à tour brillante comme un miroir ou démontée comme une déesse vengeresse, une matière labile qui ne se laisse pas aisément appréhender. C’est aussi celle qu’entretiennent des tabous qui résistent au récit.

 

Que de sentiments paradoxaux à la fermeture de ce roman que j’ai pourtant lu d’une traite…

Ce que j’ai franchement apprécié, c’est l’écriture de Laure Limongi, toute en sensibilité, qui transparaît dans chaque page, même lorsque ce qui est raconté ne se laisserait justement pas raconter ainsi au premier abord. La crudité, voire la violence de certaines scènes, prend en effet bien souvent un tour inattendu de subtilité, comme si le sceau du secret, au cœur de la totalité du roman, s’infiltrait partout, comme cette mer que l’on ne peut pas tenir entre ses mains, et atténuait les choses et les ressentis. J’ai aussi franchement apprécié la construction narrative mêlant longs passages romanesques assez classiques et petits paragraphes davantage poétiques semblant fonctionner comme des intermèdes avant révélation de nouveaux secrets familiaux.

Mais je suis restée totalement extérieure à l’histoire d’Huma et de sa famille, à ce qui l’a poussée à quitter la Corse aux balbutiements de sa vie de jeune adulte, à ce qui l’a poussée à revenir ensuite, aux récits qui racontent ce passé familial problématique dont il sera finalement question du début à la fin du roman.

Une lecture qui fut donc mi-figue mi-raisin : j’ai trouvé la forme magnifique, mais j’ai eu beaucoup plus de mal à me laisser entraîner par le fond. Je pense, pour cette raison, lire un autre ouvrage de Laure Limongi en lien avec un sujet auquel je serai peut-être plus réceptive.

Je remercie les éditions Grasset de m’avoir permis de découvrir ce roman via Netgalley.

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