Les livres d’Emmett Farmer (Bridget Collins)

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Date de publication originale / Dans cette édition : 2019 / 2019
Langue originale : Anglais (UK)
Maison d’édition : J.C. Lattès
Nombre de pages : 584
Quatrième de couverture : Le jeune Emmett Farmer travaille sur les terres familiales quand une lettre le convoque pour commencer son apprentissage. Il va devenir enlivreur, un art qui inspire la peur, la méfiance, et suscite bien des superstitions. Sous l’œil attentif de Seredith, son maître, Emmett apprend peu à peu à confectionner de magnifiques ouvrages destinés à préserver un trésor unique : les souvenirs. Le passé, désormais
enlivré, sera conservé à l’abri des regards dans un caveau, afin que tout soit oublié. Même les secrets les plus terribles. Un jour, Emmett fait une découverte troublante : l’un de ces livres porte son nom.

 

Quelle belle surprise que ce roman malgré une quatrième de couverture qui en dit, je trouve, bien trop. C’est un roman qui, en effet, dévoile très lentement ses mystères, et ce qui est évoqué dans celle-ci nous raconte en gros la première partie, qui tient sur un quart du total. C’est dire si j’ai été déçue d’être déjà au courant de trop de choses ;  j’aurais largement préféré découvrir toutes ces informations au même moment qu’Emmett.

Car Emmett Farmer, qui comme son nom nous l’indique, est un jeune fermier, destiné à reprendre l’exploitation de son père, mais c’est sans compter, dès les premières pages, sur des évènements venus troubler ce destin qui paraissait tout tracé. Le jeune homme se remet seulement d’une longue et violente maladie qui l’a grandement épuisé, maladie dont nous ne savons au départ que bien peu, et qui rend difficile sa capacité physique à tenir une ferme. De plus, une lettre reçue par une certaine Seredith, enlivreuse de son état qui lui propose de devenir son apprenti, va rebattre les cartes de ce même destin, puisque ses parents acceptent l’offre. Emmett ne comprend pas ce choix, ceux-ci ayant toujours abhorré les livres, objets majoritairement atypiques dans cet univers créé par Bridget Collins, bien loin de notre réalité – je ne souhaite pas en dire plus pour laisser davantage de suspens, même si la quatrième évoque le contenu de ces livres -.

Ce début de première partie nous décrit ensuite l’arrivée d’Emmett chez son maître, et l’on retrouve jusqu’à sa fin toutes les caractéristiques classiques du récit d’apprentissage, de la description des tâches effectuées par le jeune homme jusqu’à l’instauration progressive d’une relation de plus en plus filiale avec Seredith – partie qui nous laisse bien pressentir que l’auteure a écrit auparavant des romans jeunesse, que je n’ai pas lus, mais que j’ai finalement bien envie de découvrir -. Avec l’apparition d’un nouveau personnage, Lucian Darnay, dans le cours de cette existence bien remplie et de plus en plus routinière, et diverses péripéties plus ou moins heureuses, les troubles d’Emmett réapparaissent, et le récit vacille vers de nouveaux mystères, en lien avec l’enlivrement, qui trouveront leurs réponses dans les deux parties suivantes. Ces deux parties s’éloignent franchement du récit jeunesse pressenti et donnent lieu à une intrigue riche, passionnante et touchante, qui met notamment en question le rapport que l’être humain entretient avec sa mémoire et son désir, parfois, de s’en débarrasser pour mieux échapper au remords pouvant en être un corollaire.  Mais encore une fois, je ne souhaite pas trop en dévoiler, ce roman ayant, à mon sens, vraiment besoin de garder un mystère entier pour n’en être que mieux savouré.

En tout cas, j’ai personnellement dévoré Les livres d’Emmett Farmer en deux soirées, avec ce désir impérieux de comprendre, enfin, ce qui avait bien pu arriver à Emmett avant que l’on ne le rencontre dans les premières lignes du roman, qui était ce Lucian Darnay, de plus en plus au centre de ses obsessions, et à quel point l’enlivrement pouvait être à considérer comme un protagoniste à part entière quant à son rôle dans l’histoire. J’ai également apprécié les changements de narrateur entre les trois parties, changement ayant ici un véritable intérêt quant au dévoilement progressif de divers pans de l’intrigue. Qui plus est, bien que les thèmes abordés soient finalement classiques, et parfois peut-être amenés de manière attendue, ils n’en sont pas moins contés avec intelligence et fraîcheur, et ce malgré un univers paradoxalement sombre et de plus en plus inquiétant au fil des découvertes sur son fonctionnement, créant un joli contraste bienvenu.

Je remercie les éditions J.C. Lattès de m’avoir permis de découvrir ce roman via NetGalley.

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