Les Rougon-Macquart Tome 6 : Son excellence Eugène Rougon (Emile Zola)

000474788

En faisant le choix le lire l’intégralité des Rougon-Macquart dans l’ordre chronologique, je découvre un tout autre Zola, parfois bien éloigné de ses romans qui ont gardé le plus de reconnaissance littéraire encore actuellement. Ce sixième tome de la saga naturaliste vient bien me le confirmer : en suivant Eugène Rougon à Paris, dans laquelle il a réussi à faire son trou politique à force d’ambition, nous pénétrons avec lui dans les alcôves du fonctionnement de l’Empire de Napoléon III, et dans ce que celui-ci contient d’opportunistes et de cyniques dont la moindre finalité est de rogner sur la moindre parcelle de pouvoir.

Et en effet, le début du roman, moment critique pour Rougon qui doit démissionner de son poste au plus près de l’Empereur s’il ne veut pas perdre le peu de crédit qu’il lui reste auprès de celui-ci, le montre bien : c’est par l’intermédiaire de ses « amis », nombreux et décrits avec beaucoup de verve par notre romancier, que l’ancien avocat retournera à la politique malgré lui – ce geste n’étant en aucun cas gage de leur générosité, mais au contraire de leur égoïsme, car chacun perd beaucoup dans cette démission -. Au centre de ces amis, et au cœur du récit, il y a Clorinde, jeune italienne installée en France et prête à tout pour obtenir, comme tous les autres, la plus grande parcelle de pouvoir possible, de la plus petite machination personnelle au plus grand complot collectif.

Quant à l’intrigue et au portrait de personnages et d’une époque que nous brosse Zola, ils sont tout autant réussis que dans les autres tomes que j’ai pu lire jusqu’à présent : j’ai donc, comme d’habitude, dévoré celui-ci rapidement, happée par cette image au plus proche de la réalité historique qu’essaie de nous transmettre l’auteur. Mais malgré tout, cette fois, et pour la première fois, il m’a manqué quelque chose à la lecture : la petite touche poétique toujours disséminée par ci par là habituellement, qui était même omniprésente dans La faute de l’abbé Mouret qui précédait. Alors, certes, le monde politique qui nous est décrit est tout sauf poésie, de même qu’Eugène Rougon est d’un pragmatisme à faire peur, ceci explique sûrement cela …

Dans tous les cas, et malgré ce petit bémol stylistique, Son excellence Eugène Rougon reste un Zola, et donc une belle lecture pour moi. Je m’attelle désormais sous peu, et avec grand plaisir, à la relecture de L’Assommoir. J’avoue qu’il me tarde de retrouver Gervaise !

Date de publication originale / Dans cette édition : 1876 / 1971 ; Maison d’édition : Le Livre de Poche ; Nombre de pages : 424

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s