Kanaky (Joseph Andras)

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Avec ce troisième ouvrage, Joseph Andras a encore une fois le don de nous emmener où l’on ne l’attend pas, du moins génériquement parlant, les thématiques restant, quant à elles, éminemment politiques. Et encore une fois, j’ai complètement adhéré.

Après De nos frères blessés, roman qui nous renvoyait aux heures les plus sombres de la guerre d’Algérie, et S’il ne restait qu’un chien, récit poétique qui nous décrivait avec une prodigieuse force le port du Havre, Kanaky retrace le cheminement réalisé par l’auteur pendant trois ans pour mieux comprendre la tragédie qui s’est produite à la grotte d’Ouvéa en 1988, aux conséquences funestes, avec 21 morts dont 19 kanaks. Cet évènement, qui a eu lieu pendant l’entre-deux tours de la présidentielle entre Jacques Chirac et François Mitterrand en Nouvelle-Calédonie, et qui a connu maintes versions selon les protagonistes interrogés, notamment en raison du caractère controversé, et politique de son dénouement, est ici décortiqué, avec toujours, comme fil conducteur, Alphonse Dianou, l’un des instigateurs de la prise d’otages, qui devait rester pacifique, et dans tous les cas celui qui était considéré par tous, ou presque, comme le meneur.

Afin de connaître le fin mot de l’histoire, à l’aune du référendum de 2018 pour l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, sur celui qui est devenu pour beaucoup un terroriste en France métropolitaine, mais un héros martyr en Nouvelle-Calédonie, Joseph Andras se rend sur place, échange avec ceux qui ont connu Alphonse, ceux qui auraient aimé le connaître, découvre les lieux qui ont fait son histoire ; recoupe les informations en lisant de nombreux ouvrages, articles, etc. sur le sujet ; enquête, en somme, sur une affaire d’Etat qui garde encore ses parts d’ombre, et sur un personnage, objet de fascination, notamment pour l’auteur, mais qui n’en reste pas moins très objectif ; enquête dans laquelle je me suis très vite laissé embarquer et que j’ai trouvé remarquablement écrite, tout comme les autres ouvrages que j’avais déjà pu lire de cet auteur, bien que celui-ci ne se veuille pas une œuvre de fiction.

Date de publication : 2018 ; Maison d’édition : Actes Sud ; Nombre de pages : 295

Quatrième de couverture : En avril-mai 1988, l’affaire de la prise d’otages de la grotte d’Ouvéa, en Nouvelle-Calédonie, menée par un groupe d’indépendantistes s’est soldée par une intervention militaire et un bilan de vingt et un morts, dont dix-neuf Kanak. Parmi les victimes, Alphonse Dianou, vingt-huit ans, musicien, ancien sémina­riste se destinant à la prêtrise, admirateur de Gandhi et militant charismatique du FLNKS (Front de libé­ration nationale kanak et socialiste).
Terroriste ou martyr ? Français ou “barbare” kanak ? Pacifiste ou assassin ? Chrétien ou communiste ? Le personnage – avec ses légendes contradictoires et paradoxales – a longtemps intrigué Joseph Andras, qui est parti en Kanaky sur les traces de cette figure des luttes anticolonialistes du xxe siècle.

 

 

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