A l’Ouest rien de nouveau (Erich Maria Remarque)

001069092
Date de publication originale / Dans cette édition : 1928 / 1973
Langue originale : Allemand
Maison d’édition : Le Livre de Poche
Nombre de pages : 224
Quatrième de couverture : « Quand nous partons, nous ne sommes que de vulgaires soldats, maussades ou de bonne humeur et, quand nous arrivons dans la zone où commence le front, nous sommes devenus des hommes-bêtes… » Témoignage d’un simple soldat allemand de la guerre de 1914-1918, A l’ouest rien de nouveau , roman pacifiste, réaliste et bouleversant, connut, dès sa parution en 1928, un succès mondial retentissant et reste l’un des ouvrages les plus forts dans la dénonciation de la monstruosité de la guerre.

Roman découvert il y a quelques années, et relu il y a peu car je le fais en ce moment étudier à mes troisièmes, A l’ouest rien de nouveau a été une claque, non seulement pour moi, mais aussi pour mes élèves. L’on entre en effet de plein fouet, et ce dès les premières phrases, dans le quotidien des soldats de cette guerre, entre 1914 et 1918, qui aurait dû être la Der des Ders.

Rien n’est épargné au lecteur – mort, violence, stress post-traumatique, manque d’hygiène et de nourriture, mais aussi moments d’accalmie et de fraternité – qui découvre un témoignage certes poignant, mais aussi virulent, transmis par Paul Baümer, jeune allemand qui s’est engagé avant même d’en être obligé pour défendre sa patrie. Tout au long de son récit, Paul nous décrit non seulement son quotidien, mais aussi son passé qui l’a mené jusqu’ici, ou encore ses réflexions et pensées sur la guerre, et sur la façon dont celle-ci est menée et mène chaque soldat jusqu’à un état d’inhumanité maximal, le faisant même se considérer, pendant une offensive, comme un « automate », au même titre que ses camarades de front.

Et c’est là ce qui donne, à mon sens, la plus grande force à ce roman, publié à l’entre-deux-guerres, par un auteur qui avait lui-même participé aux tranchées, même si brièvement : sa capacité à nous retranscrire l’évolution physique, et plus encore mentale, de ces soldats arrivés la fleur au fusil, qui repartent de la guerre, lorsqu’ils n’ont pas été tués avant sa fin, sans aucun but ni avenir, ayant simplement à l’esprit tous les traumatismes vécus. Ou comment montrer, en une centaine de pages pleine d’une véracité crue, et donc dérangeante, surtout pour l’époque, tous les mécanismes annihilants et déshumanisants de la guerre sur la piétaille qui lui sert de chair à canon.

A l’Ouest rien de nouveau est en somme un grand roman, qui a été apprécié pour les mêmes raisons par mes élèves, même s’il faut parfois décrypter avec eux les enjeux les plus implicites de ce témoignage bouleversant. Dans la même veine, même si sur la guerre du Vietnam, et totalement autobiographique, je ne peux que conseiller Né un 4 juillet de Ron Kovic, qui fut aussi pour moi un moment de lecture important.

2 commentaires

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s