La Prière des oiseaux (Chigozie Obioma)

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C’est par l’intermédiaire de son chi, esprit protecteur issu de la culture igbo, qui va d’hôte humain en hôte humain à leur mort, que nous découvrons l’histoire de Chinonso, personnage principal de ce roman nigérian, éleveur de volailles de son état, plutôt solitaire par contrainte que par véritable choix. En effet, au début du récit, le chi de celui qui est surnommé Nonso tente de justifier les actions de son hôte aux entités supérieures igbo ; il revient pour cela sur tous les évènements de sa vie à partir de sa rencontre fortuite d’avec Ndali qui va définitivement changer le cours de son destin, pour le meilleur comme pour le pire.  Et c’est aussi la raison pour laquelle alternent des chapitres sur cette histoire, plus factuellement classiques, et d’autres sur les implorations et explications faites par le chi pour que cette histoire soit écoutée, et pour lui redonner du rythme, plus proches d’une tradition igbo, et qui m’ont également fait penser aux chœurs des tragédies grecques antiques.

J’ai été particulièrement séduite par cette alternance, merveilleusement construite, permettant d’entrer dans une dimension autre de cette histoire somme toute banale au premier abord, même si elle prendra des accents beaucoup plus inattendus après la première partie. Car la rencontre entre Nonso et Ndali, qui mettra vite, comme l’on peut très vite le comprendre, l’amour au centre, nous mènera aussi devant des péripéties familiales, sociales, voire sociétales, qui permettent de raconter deux versants du Nigeria, l’un plus « traditionnel », l’autre plus occidentalisé, et le plus à même d’être critiqué au fil du récit par le chi – par l’auteur même, qui sait ? -.

Malgré tout, j’ai parfois trouvé l’intrigue peu plausible en raison d’une trop grande série de coïncidences qui tombent à point nommé, – surtout dans la deuxième partie – sans que cela n’en gêne pour autant foncièrement mon plaisir de lecture : après tout, le destin y a peut-être son mot à dire ?

La prière des oiseaux est donc un roman que j’ai plutôt apprécié, malgré quelques passages à mon sens trop tirés par les cheveux, notamment parce qu’il mêle avec beaucoup de charme et de fluidité deux univers somme toute antagonistes, celui des cieux, tout en poésie et en rêve, et celui de la terre, tout en réalisme primaire souvent source de désillusion.

Je remercie les éditions Buchet-Chastel et NetGalley de m’avoir permis de découvrir ce roman.

Date de publication originale / Dans cette édition : 2019 / 2020 ; Langue originale : Anglais (US) ; Maison d’édition : Buchet-Chastel ; Nombre de pages : 420

Quatrième de couverture : Chinonso, un éleveur de volailles du Nigeria, croise une jeune femme sur le point de se précipiter du haut d’un pont. Terrifié, il tente d’empêcher le drame et sauve la malheureuse Ndali. Cet épisode va les lier indéfectiblement. Mais leur union est impossible : Ndali vient d’une riche famille et fréquente l’université, alors que Chinonso n’est qu’un modeste fermier…

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