Voir la lumière (T.C. Boyle)

9782246820352-001-T

T.C. Boyle fait partie de ces auteurs présents dans un coin de ma tête depuis plusieurs années, et pour lesquels je me dis qu’il serait temps que je m’attelle à la lecture d’un de leurs romans. Il m’aura fallu attendre la publication de Voir la lumière pour ce faire – je remercie d’ailleurs les éditions Belfond et NetGalley de m’avoir permis de le découvrir -.

Dans ce roman, l’auteur retrace l’itinéraire du L.S.D., de ses premiers balbutiements en labo suisse, avec Albert Hofman, dans les années 1940, jusqu’à ses premières expérimentations « scientifiques » massives ayant eu lieu dans les années 1960 et les désillusions qu’elles ont pu entraîner. Pour cela, l’Histoire, de la manière la plus détaillée possible – enfin selon ce que j’en connais -, se mêle à l’histoire, celle de Fitz, étudiant d’Harvard dont le directeur de thèse n’est autre que Tim Leary, professeur psychologue chantre de la consommation du célèbre papier buvard. A ses côtés, qui plus est accompagné de sa femme Joanie,  le jeune homme va vivre des séances de consommation qui vont permettre à chaque initié invité de se rendre compte des effets bénéfiques du LSD, de noter ces effets sur des questionnaires, pour enfin pouvoir tirer de ces questionnaires des résultats montrant qu’il est utilisable pour soigner des troubles mentaux. Mais les choses ne se passeront pas tout à fait comme prévu pour Leary et ses recherches, et donc pour Fitz aussi…

Ainsi, l’on rencontre nombre de personnes ayant réellement existé autour de Tim Leary, et l’on se retrouve face à des lieux ou des évènements tout aussi réels qui nous entraînent très rapidement et habilement dans une autre époque, celle des sixties, pendant lesquelles tout était encore pensé comme possible : évasion psychédélique pour libérer sa conscience des codes sociaux et moraux qui l’enferment, voyages où l’on laisse tout derrière soi, vie en communauté dans laquelle tout le monde a sa place et fait sa part… Image idyllique qui va, comme dans la réalité, très vite péricliter, pour ne laisser place qu’à un gigantesque bad trip dont Joanie, pourtant la plus enthousiaste pendant les premières séances, va être la plus magistrale représentante.

C’est ce passage du paradis artificiel à l’enfer de la réalité qui reprend ses droits que T.C. Boyle nous décrit de manière magistrale, très lentement, très progressivement, pour que l’on ne rate rien des évolutions qui ont lieu dans les esprits, surtout ceux de Fitz et de Joanie, personnages sur lesquels l’auteur va davantage se focaliser pour raconter cette expérience. Et c’est ce que j’ai franchement apprécié dans ce roman : l’on plonge vraiment jusqu’au bout, avec eux, dans l’expérience, pour ne pas, non plus, en ressortir indemne : j’avoue que mon regard, un peu trop idyllique sur cette époque, en a pris un coup !

Voir la lumière fut donc une très belle découverte : le sujet me paraissait intéressant, la façon dont l’auteur l’a retranscrit l’a rendu passionnant. Une histoire de plume et de traduction en somme, et pas que de choix d’intrigue. A voir si cela se confirme prochainement à la lecture d’autres œuvres de T.C. Boyle.

Date de publication originale / Dans cette édition : 2019 / 2020 ; Langue originale : Anglais (US) ; Maison d’édition : Grasset ; Nombre de pages : 496

 

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