Par le vent pleuré (Ron Rash)

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J’ai profité du confinement pour farfouiller dans les ressources numériques de ma médiathèque, ce qui m’a permis de prendre enfin le temps de découvrir un roman de Ron Rash, dont j’ai beaucoup entendu parler avec intérêt.

Dans Par le vent pleuré, l’on suit deux frères, Bill et Eugene, que tout sépare depuis qu’une rencontre, à l’été 1969, a bouleversé leur existence, surtout celle d’Eugene, le plus jeune des deux. Cette rencontre, c’est celle de Ligeia, jeune fille expatriée de Floride pour la Caroline du Sud par ses parents afin qu’elle se mette au vert chez son oncle… jeune fille dont les ossements seront retrouvés bien des années plus tard, au bord de la rivière à proximité de chez celui-ci, alors qu’elle était censément partie sans laisser de traces.

C’est par l’intermédiaire d’une alternance, efficace bien que classique, entre deux strates temporelles, celle de 1969, et celle des années 2000, que va être raconté le fin mot de cette histoire. Histoire qui va mettre en lumière, avec beaucoup de réussite, une relation fraternelle puissante, toute en complexité et en contraste, dont l’on va suivre l’évolution en un demi-siècle, soit par évocations franches d’évènements passés, soit au contraire par sous-entendus ténus qui laissent au lecteur le temps de la réflexion, et qui permettent de comprendre cette évolution. L’atmosphère nébuleuse, qui en est la conséquence et qui règne dès les premières pages, alors qu’Eugene apprend dans le journal local que l’on vient de découvrir le corps de Ligeia, va ainsi aller s’accentuant au fur et à mesure que l’on remonte le temps avec lui : il cherche en effet à comprendre ce qui est arrivé à la jeune femme. Et finalement, l’on se rend vite compte que cette atmosphère concerne tous les protagonistes de l’intrigue, non seulement les deux frères, mais aussi leur famille – leur grand-père et leur mère -, ainsi que Ligeia elle-même. Le roman est de fait marqué du sceau implacable du secret, qui pèse sur chaque mouvement ou pensée de chacun, mais qui finira malgré tout par être levé au dénouement, que j’ai trouvé cependant moins réussi, car trop attendu.

Pour une première lecture, j’ai plutôt apprécié ce roman : Ron Rash, sans pour autant faire preuve d’une originalité incroyable, parvient à donner corps à ses personnages, dans tous leurs paradoxes, leur profondeur, et à mener avec intelligence son intrigue jusqu’au dénouement.

Je pense donc lire, à l’occasion, d’autres de ses romans.

Date de publication originale / Dans cette édition : 2016/2018 ; Langue originale : Anglais (US) ; Maison d’édition : Points ; Nombre de pages : 223

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