Le rouge n’est plus une couleur (Rosie Price)

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Si ce roman vous fait de l’œil en raison de sa couverture, eh bien surtout, ne le retournez pas pour lire sa quatrième de couverture, puisque celle-ci vous raconte un des évènements les plus importants du récit, évènement qui a lieu, seulement, à partir d’une bonne moitié… Dans certains cas, j’avoue que je me contrefiche de savoir bien avant ce qu’il va se passer dans ce que je vais lire, mais ici, cela m’a gênée : j’aurais en effet voulu garder l’effet de surprise pour pouvoir mieux comprendre, sans a priori antérieur du fait de cette révélation, l’évolution du personnage principal du roman, Kate.

Car, en effet, suite à un évènement traumatisant qui va bouleverser son existence, Kate, jeune étudiante anglaise à qui tout réussit, va devenir l’ombre d’elle-même. Avant cet évènement, et depuis son arrivée à la fac, elle avait réussi à sortir de sa réserve, à s’échapper d’un milieu modeste considéré comme étouffant en rencontrant Max, étudiant comme elle, mais issu d’un milieu particulièrement favorisé.

Après une description plutôt réussie de cette rencontre et de la naissance de l’amitié fusionnelle qui en découle, l’on entre dans la confrontation entre deux mondes que tout oppose, confrontation tout aussi bien retranscrite et à mon sens pertinente pour préparer l’évènement qui va suivre, évènement finalement banal mettant en lumière, avec beaucoup d’ironie, la rupture de classe entre les deux amis, rupture qui persiste malgré toute leur bonne volonté pour la faire disparaître. Le roman, plutôt ancré dans une description sociale qui raconte une société entière à travers plusieurs figures-clés, bascule ensuite, en toute logique, vers une description psychologique progressive du traumatisme dont va être victime Kate, description qui se fera sans prendre de gants, de la manière, me semble-t-il, la plus authentique possible ; de même seront décrites, avec tout autant de réalisme, les conséquences sur son amitié d’avec Max.

Le rouge n’est plus une couleur est un roman que j’ai trouvé remarquablement bien pensé, notamment en ce qu’il dessine, avec beaucoup de justesse, le passage d’un avant à un après traumatisme, rendant le personnage de Kate particulièrement vraisemblable, tout autant que la relation qu’elle entretient avec Max. J’ai donc été touchée par l’histoire qui nous est contée, en ce qu’elle a de plus injuste et d’inacceptable, et de malheureusement banal. Je regrette simplement la quatrième de couverture qui aurait pu faire sans la révélation aussi abrupte de l’évènement traumatique en question qui fait basculer la vie de Kate, et le récit dans la foulée. Je remercie les éditions Grasset et NetGalley de m’avoir permis de le découvrir.

Date de publication originale/Dans cette édition : 2019/2020 ; Langue originale : Anglais (UK) ; Maison d’édition : Grasset ; Nombre de pages : 416

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