Les sorcières d’Eastwick (John Updike)

Eastwick, Rhode Island, Années 1970. Jane, Alexandra et Sukie, trois mères de famille divorcées, trois sorcières mal considérées dans leur ville de province, vivotent entre leurs métiers (violoncelliste pour l’une, sculptrice pour l’autre, journaliste dans le canard local pour la troisième) et leur rendez-vous annuel du jeudi soir pendant lequel elles se racontent leurs nouvelles conquêtes, les derniers ragots, ou encore leurs états d’âme. Jusqu’à ce qu’un richissime new-yorkais, Daryl Van Horne, vienne acheter une des demeures pour s’y installer et se mettre un peu au vert, et bouleverse leur quotidien.

D’une intrigue de prime abord classique, ce qui se confirmera au fil de la lecture, Les sorcières d’Eastwick n’est pas du tout ce à quoi je m’attendais – encore une quatrième qui pèche par des choix de termes – : après avoir terminé laborieusement ma lecture, je cherche toujours le côté sulfureux qui m’a été annoncé.

Alors, certes, nous est racontée l’histoire de femmes divorcées, ayant encore des enfants et adolescents à la maison dont elles ne se préoccupent guère, qui prennent le plaisir où elles le trouvent sans se préoccuper plus des qu’en dira-t-on (hommes mariés ou non, jeunes ou vieux….), ce qui peut être à considérer comme dérangeant pour l’époque, mais, très vite, elles vont tomber sous la coupe d’un homme fortuné qu’elles vont toutes chercher, à leur façon, à épouser – pour le côté féministe, on repassera finalement -.

Le début du roman, qui démarrait donc sous de bons auspices, retombe comme un soufflé : la représentation satirique, bien menée, d’une petite ville provinciale d’Amérique, ainsi que la description bienvenue d’une forme d’émancipation féminine symbolisée par nos trois sorcières, laisse place à une mièvrerie que j’ai trouvée bien ennuyeuse, dénaturant à mon sens le propos de base, et ce peu importe les tours et maléfices, qui peuvent sembler machiavéliques, que ces dernières vont utiliser. Le charme n’a plus pris sur moi aux deux tiers du roman. En somme, après la satire et la poussée féministe, place aux bons sentiments et au retour de la domination masculine.

Les sorcières d’Eastwick a donc été une belle déception, la première à ce point depuis le début de l’année : moi qui me faisais une joie de lire un roman d’Updike, que je découvrais ici, j’en sors toute refroidie…

Date de publication originale / Dans cette édition : 1984 / 1991 ; Langue originale : Anglais (US) ; Titre original : The Witches of Eastwick ; Traduction : Maurice Rambaud ; Editions : Folio ; Nombre de pages : 480

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