La chienne (Pilar Quintana)

Bref roman colombien d’une intensité folle, La chienne nous conte l’histoire d’une femme, Damaris, qui adopte une chienne de quelques semaines, espérant ainsi transférer son désir d’enfant déçu depuis des années, et retrouver par la même occasion une certaine forme de bonheur dans l’élevage d’une boule de poils en besoin d’affection, comme elle. Parce que Damaris, outre son désir d’enfant inassouvi, est bien seule, moralement parlant s’entend, et ses émotions et sentiments vont s’en trouver plus encore exacerbés au contact de la chienne qui, en grandissant, va s’éloigner d’elle, au grand dam de notre personnage.

Nous entrons de plein fouet, brièveté oblige, dans la vie de Damaris, et très vite ses désirs et états d’âme nous sont parfaitement retranscrits, présentés dans les moindres détails, nous permettant de comprendre son comportement vis-à-vis de cette petite chienne qu’elle a choisi d’adopter. Est alors mis en lumière, avec beaucoup d’acuité, de délicatesse, mais aussi de mordant – le dénouement du récit parle de lui-même – le désir maternel féminin, entre impératif biologique et contrainte sociale, entre besoin impérieux et souci de se conformer à un moule sociétal. A travers lui, c’est aussi le regard porté par les autres sur ce désir, sur cette difficulté à combler ce désir lorsque l’on ne parvient pas à l’assouvir par la naissance d’un enfant, qui est mis brillamment en avant. Et c’est justement la brièveté choisie pour raconter ce moment de la vie de Damaris qui permet à mon sens de pointer avec encore plus de force ce paradoxe violent auquel est soumis la femme depuis des temps immémoriaux.

Je remercie les éditions Calmann-Lévy et NetGalley de m’avoir permis de découvrir ce roman, que j’ai franchement apprécié.

Date de publication originale / Dans cette édition : 2017 / 2020 ; Langue originale : Espagnol (Colombie) ; Titre original : La perra ; Traduction : Laurence Debril ; Maison d’édition : Calmann-Lévy ; Nombre de pages : 128

4 réflexions sur « La chienne (Pilar Quintana) »

  1. Je n’ai pas été transportée à vrai dire… trop court peut être pour m’attacher à l’héroïne, et un peu vain aussi. J’attends une date plus proche du 19 août pour poster ma critique 😉

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    1. Je conçois, c’est vrai qu’il est court. J’avoue ne pas m’être attachée au personnage, mais j’ai apprécié surtout ce qu’il symbolise.
      Ah oui, seulement le 19 août ? Cela fait un moment que je l’ai en stock, je croyais la date de publication déjà passée, sûrement en lien avec le confinement…

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