Feu pour feu (Leye Adenle)

A la quatrième de couverture, tout me laissait penser à un roman noir dans toute sa splendeur, classique mais efficace, avec lequel l’on peut s’attendre à passer un bon moment de lecture. Finalement, Feu pour feu est bien un roman noir, mais qui, contre toute attente, a été pour moi une lecture vraiment laborieuse.

L’intrigue n’est pas inintéressante, loin de là, de même que l’atmosphère dans laquelle elle est mise en scène : nous découvrons les machinations politiques nigérianes mise en place, tous partis confondus, pour obtenir un poste de gouverneur dans une région clé du pays. L’on entre avec perte et fracas au milieu de celles-ci, puisque les premières lignes nous font assister au crash du jet privé d’un des candidats, crash qui a ironiquement lieu sur le toit de sa villa, crash sans conteste d’origine criminelle. Une fois le remplaçant (le chief Ojo) désigné par le parrain politique du pays, c’est ensuite à celui qui mettra le plus d’argent sur le table, qui aura le plus de sang sur les mains également, ou encore celui qui bourra le plus d’urnes, que pourra revenir le poste convoité. Et c’est là qu’entre en scène Amaka, jeune avocate qui défend de manière musclée les conditions des femmes dans son pays, car elle a justement dans le collimateur Ojo depuis divers crimes, notamment sexuels, dans lequel celui-ci serait impliqué – ceci a été conté dans un premier tome, que je n’ai pas lu, mais je n’ai pas eu de mal à prendre le train en route sans -. C’est au fil de ses pérégrinations pour obtenir la justice que nous découvrons donc le Nigeria politique, plus particulièrement Lagos, dans tous ses travers qui mettent à mal le pays, mais aussi plus simplement le Nigeria populaire, qui doit faire avec ces travers jour après jour, à travers un regard parfois acerbe pour en rendre compte.

L’on pourrait se demander, après cette présentation du roman, ce que j’ai bien à lui reprocher : l’intrigue m’a en effet plu. Mais j’ai franchement eu du mal avec la narration des évènements, qui fait dans la surenchère pure et simple : trop d’informations à la fois, tout le temps, avec des informations souvent secondaires, comme la marque d’une voiture, ou d’un téléphone, etc. ; des passages d’un chapitre à un autre qui manquent de lien, et en raison desquelles l’on a au contraire l’impression de manquer des informations importantes ; tout va trop vite, à tel point que l’on peut avoir non seulement du mal à suivre le cours du récit, mais aussi à appréhender toute la richesse de l’intrigue, qui finit par être noyée sous un amas de rebondissements, pas toujours logiques d’ailleurs.

Feu pour feu est donc un excellent roman noir quant à son fond, mais qui pèche pour moi quant à sa forme : trop d’action tue l’action, et même masque ici toute l’intrigue, pourtant riche et complexe. Une lecture mi-figue mi-raisin en somme. je remercie les éditions Métailié et NetGalley de m’avoir permis de le découvrir.

Date de publication originale / Dans cette édition : 2018 / 2020 ; Langue originale : Anglais (Nigeria) ; Titre original : When Trouble Sleeps ; Traduction David Fauquemberg ; Maison d’édition : Métailié ; Nombre de pages : 336

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