L’Arrière-pays (Olivier Weber)

Première lecture faite dans le cadre du prix du roman Fnac 2020

L’Arrière-pays, c’est la montagne dans laquelle Jonathan, jeune berger épris de calme, de solitude – même si elle lui pèse parfois -, de liberté, revient après ses études sur la Côte, le Rocher. Jusqu’au jour où, tout d’abord, il rencontre Léna, jeune femme de la Côte qui vient s’isoler quelque temps dans les hauteurs. Puis, peu de temps après, est découvert sur un glacier le corps de Guillaume, ami de Jonathan, alpiniste chevronné à la renommée internationale, qui a disparu il y a de nombreuses années dans des conditions plus que troubles. Il n’en faudra pas plus pour que le jeune homme retourne sur la Côte, autant pour suivre celle dont il est tombé amoureux que pour, enfin, trouver des réponses quant à la mort de son ami.

Sans que cela ne soit jamais ouvertement désigné, l’on devine immédiatement les Alpes, et Nice/Monaco, lorsque sont évoqués l’Arrière-pays et le Rocher, la Côte dans ce roman aux multiples facettes. Roman d’une histoire d’amour complexe en premier lieu, entre Jonathan et Léna, que beaucoup oppose, lui le fils de l’Arrière-Pays, elle la fille d’un des plus gros hommes d’affaires, plus que véreux, de la Côte. Roman aussi de la description de deux mondes que tout oppose : celui de la nature sauvage, belle, poétique, éminemment valorisée ; celui de la « civilisation », symbole d’artifice, de corruption, de pollution, complètement dépréciée… Deux mondes qui, lorsqu’ils se croisent, se confrontent violemment dans leurs contradictions, sans jamais vraiment réussir à se comprendre – ce que nous montrera le dénouement d’ailleurs -. Roman enfin de la quête de soi, autant pour Jonathan que pour Léna, à travers la contradiction de ces deux mondes qui, tour à tour, vont les voir être attirés soit par l’un, soit par l’autre, jusqu’à finir par choisir avec douleur l’un des deux. Quête de soi qui se fait également par la quête de vérité sur Guillaume, et sur tous les tenants et aboutissants vers lesquels mène cette quête, le jeune homme étant un virulent militant écologiste qui enquêtait lui-même sur la pollution des fonds marins causée par les usines du Rocher.

Malgré un contenu riche, et souvent intéressant, je n’ai pas complètement adhéré à L’Arrière-pays, que j’ai trouvé parfois inégal : j’ai aimé les descriptions d’Olivier Weber, qui met en évidence avec beaucoup de justesse le contraste entre les deux mondes qu’il nous présente le plus précisément possible – cela passe autant par des descriptions de lieux, de personnages… que d’évènements -, mais j’ai été bien moins convaincue par l’ensemble de l’intrigue, qui a tendance, à mon sens, à piétiner, et à finalement, devenir secondaire par rapport aux portraits faits de l’Arrière-pays et de la Côte.

Date de publication : 2020 ; Maison d’édition : Calmann-Levy ; Nombre de pages : 396

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