La route de Los Angeles (John Fante)

Deuxième volet des aventures d’Arturo Bandini, mais premier roman de John Fante, publié après sa mort, La route de Los Angeles m’a fait l’effet d’une douche froide après Bandini, qui n’était pas parfait, mais qui n’en restait pas moins intéressant et prometteur.

Arturo est désormais un jeune adulte qui vit à Los Angeles, et qui doit subvenir aux besoins de sa mère et de sa sœur (ses deux frères du premier volet sont en effet ici devenus une sœur, mais passons l’incohérence narrative…) après la mort de son père : pour cela, il multiplie les petits boulots, tous plus ingrats les uns que les autres, tout en gardant du temps pour assouvir sa passion pour l’écriture, l’ambition ultime de son existence morose étant de devenir un génial écrivain.

S’en suit en cela, dans ce bref roman, une description de moments du quotidien d’Arturo, moments horriblement banals qui mettent en évidence un jeune homme sûr de lui et de son talent, d’un égocentrisme ampoulé qui le rend antipathique à son entourage, qui prend tout à la légère, car pas à la mesure de son envergure. Ironie et dérision sont légion dans la peinture de ce personnage que nous propose Fante, bien entendu, mais Arturo est bien loin d’avoir la carrure de l’anti-héros que l’on pouvait pressentir dans Bandini. Je l’ai en effet trouvé bien fade, plus proche d’une caricature que du personnage tout en profondeur et en complexité que j’avais apprécié précédemment. Où l’on sent que c’est ici un premier roman, en ce qu’il est très artificiel et inabouti : les ficelles romanesques sont en effet visibles de bout en bout, et l’ensemble manque de tripes, de sincérité, au contraire du précédent également. J’ai eu la sensation de lire un galop d’essai permettant à la suite de s’épanouir et de prendre vraiment corps dans un style plus personnel, et bien plus intéressant. Ce que Demande à la poussière, troisième volet des aventures d’Arturo, déjà dans ma PAL, me confirmera… ou non.

Date de publication originale / Dans cette édition : 1985 (achevé en 1936) / 2007 ; Langue originale : Anglais (US) ; Titre original : The Road To Los Angeles ; Traduction : Brice Matthieussent ; Maison d’édition : 10/18 ; Nombre de pages : 272

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