Rêveur zéro (Elisa Beiram)

Dans un futur proche, une épidémie de rêves commence à sévir dans le monde : les rêves, en effet, se mettent à se matérialiser et sont, malheureusement pour certains, mortels. Elisa Beiram a choisi de nous raconter cette épidémie sur dix-huit jours, en suivant toute une galerie de personnages en lien avec l’épidémie : Zahid, un français qui participait à une étude scientifique sur les rêves au moment des faits, et qui déambule dans Paris sans trop savoir pourquoi ; Alma, une des scientifiques participant à l’étude, qui découvre que le labo dans lequel elle avait lieu a subitement disparu, alors qu’elle en était partie quelque temps ; Philipp, officier de police chargé d’enquêter sur la disparition du labo, et qui va se trouver mené dans une enquête au plus long cours, celle de la recherche des rêveurs zéro ; et enfin Janis, frère d’Alma, informaticien qui se voit confier une mission sur l’épidémie de rêves. Au fil des jours, au rythme des découvertes de chacun des personnages, nous découvrons nous-mêmes cette épidémie d’un nouveau genre, de plus en plus inquiétante et de plus en plus meurtrière.

Rêveur zéro renvoie à un schéma narratif plutôt classique désormais – narration alternant entre plusieurs personnages, nombre de jours via lesquels l’on remonte à travers eux le cours de l’histoire pour la comprendre -, qui aurait pu de ce fait tomber à plat au milieu de toutes les productions du même type. Mais heureusement, j’ai trouvé qu’Elisa Beiram, grâce à une intrigue bien menée et rigoureuse, une description tout aussi rigoureuse, dans le même temps profonde, de ses personnages, et de son univers – ils sont fort crédibles et intéressants -, ainsi qu’une plume très agréable à lire, donnait corps à ce schéma classique pour en faire quelque chose de vraiment personnel. Entre récit d’anticipation, enquête policière, quête de soi, et récit de voyage, ce roman aux multiples facettes est en effet passionnant à lire.

Seul bémol à ma lecture : en refermant ce roman, j’ai tout de même eu la sensation de n’avoir pas eu assez d’éclaircissements sur l’origine de l’épidémie. Le dénouement nous permet davantage de boucler l’histoire que de comprendre totalement en quoi cette épidémie de rêves a pu se développer, et pourquoi à ce moment précis.

Pour un premier roman, qui n’entre pas forcément dans ma zone de confort littéraire, que j’ai justement décidé de secouer un peu en ce moment, c’est en tout cas une jolie découverte que je suis ravie d’avoir pris le temps de faire.

Date de publication : 2020 ; Maison d’édition : L’Atalante ; Nombre de pages : 496

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