1979 (Hélène Becquelin)

Nous voici en 1979, année des 16 ans d’Hélène, qui s’ennuie et se cherche, entre un frère rock expérimental, une sœur pop disco, et une mère inquiète pour sa fille qui ne sort pas beaucoup, et qui n’a pas beaucoup d’amis non plus – du moins qui ne cherche plus à voir les anciens, depuis qu’ils ont déménagé – . Jusqu’au jour où elle découvre à la radio Disorder de Joy Division, et progressivement, toute la mouvance punk et post-punk dans son sillage, mouvance qui va devenir sa nouvelle façon d’écouter le monde, et d’être au monde.

S’enchaînent, pour raconter cette année à la saveur si particulière pour l’auteure, de très brefs chapitres associés à divers groupes ou morceaux (Joy Division, The Clash, The Specials, mais aussi The Bee Gees, AC/DC, Pink Floyd, Supertramp, etc.), en somme tout ce qui rythmait, directement ou indirectement, sa vie à l’époque. Accompagnée, au fil des pages, d’une grande créature noire, à l’aspect fantomatique, avec qui elle partage ses coups de cœur, comme ses coups de gueule, elle décrit de cette manière son quotidien, ponctué de journées au collège religieux, de sorties pour s’acheter des vinyles ou des magazines musicaux (sorties qui vont la mener d’ailleurs à de nouvelles rencontres décisives), de repas familiaux parfois pesants… Elle décrit aussi son évolution physique et mentale, celle d’une adolescente à l’aube de sa vie de jeune adulte pour qui, enfin, l’existence va devenir une belle aventure.

Ce quotidien, qui prend peu à peu des couleurs plus trépidantes dans la jeune vie d’Hélène, nous est raconté au contraire par l’intermédiaire de dessins sans couleurs, à l’aspect crayonné, qui insistent sur l’expressivité des personnages, tout en nous proposant souvent en arrière-plan un décor urbain dénué de toute vie, choix qui à mon sens rend à merveille l’atmosphère décrite – Joy Division power, encore une fois -.

Bien que d’une génération suivante – je suis en effet née seulement en 1983 -, j’ai été particulièrement touchée par cette bande-dessinée, qui me rappelle, finalement, les révélations musicales que j’ai moi-même connues, dans les mêmes âges que l’auteure, et qui m’ont menée au même décalage – peut-être même encore plus violent, puisque c’était non seulement un décalage culturel, mais aussi un décalage temporel, puisque j’écoutais les mêmes groupes : il faut alors imaginer la tête de mes propres camarades de classe face à mes goûts… -. J’ai aussi beaucoup apprécié les listes des dernières pages, qui reprennent des albums et films sortis en 1979, et qui permettent de se rendre compte à quel point cette année fut d’une incroyable richesse culturelle.

Je suis donc ravie d’avoir pu faire cette découverte par l’intermédiaire de la dernière Masse Critique, et j’en remercie les éditions Antipodes et Babelio. J’ai bien envie désormais de faire découvrir 1979 à mes grands collégiens, comme d’autres BDs ou romans graphiques autobiographiques que je mets à leur disposition depuis plusieurs années déjà.

Date de publication : 2020 ; Maison d’édition : Antipodes ; Nombre de pages : 160

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