Fahrenheit 451 (Ray Bradbury)

Fahrenheit 451 est un de ces romans lus il y a de très nombreuses années que j’avais trouvé particulièrement surcoté, notamment parce que j’avais trouvé l’intrigue prétexte, et les personnages assez fades – ce qui s’explique sûrement parce qu’à l’époque en fac de lettres, j’avais des lectures obligatoires plus ardues et l’analyse textuelle plus mécanique et virulente -. C’est il y a peu que j’ai décidé de le relire, comme cela m’arrive lorsqu’une rencontre avec un classique est ratée, et j’ai profité de la réédition au format « livre brûlé » pour ce faire – édition d’ailleurs vraiment réussie -.

Bien m’en a pris finalement car, l’âge et les lectures avançant, j’ai pu découvrir ce grand classique de la dystopie d’un autre œil, et me laisser plus volontiers entraîner avec lui, surtout avec Guy Montag, pompier d’un nouveau genre dans un monde aux contours qui ressemblent fortement au nôtre, même si gardés volontairement les plus flous possibles. Ce monde futuriste est en proie à la guerre, et des murs d’écrans, qui valent une fortune et qui lobotomisent totalement la populace, ont remplacé tout autre divertissement. Le livre est même devenu un objet interdit, brûlé dès qu’il est trouvé par la brigade de pompiers qui est désormais dévolue à cette mission : traquer grâce à des robots ceux qui en possèdent, et les annihiler.

Nous entrons de plein fouet dans ce monde dès les premières pages, à la suite de Montag, justement en pleine mission, par la description de la perturbation de ses sens face à l’incendie qu’il a causé, et nous comprenons très vite qu’il n’est pas un pompier comme les autres, car tourmenté par des réflexions qui n’ont plus lieu d’être au sujet du monde qui l’entoure. C’est alors ce à quoi le roman nous mènera ensuite : découvrir ce qu’il va faire face à ses perturbations de plus en plus violentes et régulières, face à la prise de conscience de l’absurdité de son monde.

Ode à l’importance du livre pour permettre à chacun de se cultiver, de s’offrir des mondes qu’il ne peut découvrir autrement bien sûr – particulièrement pertinent venant d’un des plus grands auteurs de SF du XXème siècle -, d’avoir un esprit critique et un regard ouvert sur ce qui l’entoure, Fahrenheit 451 est aussi une ode à la liberté, au libre-arbitre, à la nécessité de se battre pour les conserver ou pour les regagner. Il est enfin une mise en garde, en plein maccarthysme, contre la censure, les interdits culturels, ou encore les chasses aux sorcières que prône n’importe quel totalitarisme, qu’il soit officiel ou officieux, pour mieux soumettre les populations à ses diktats arbitraires. Il est, de fait, un grand roman : il est dommage que je ne m’en rende compte qu’à la deuxième lecture, même si mieux vaut tard que jamais !

Date de publication originale / Dans cette édition : 1953 / 2020 ; Langue originale : Anglais (US) ; Titre original : Fahrenheit 451 ; Traduction : Henri Robillot, Jacques Chambon ; Maison d’édition : Folio SF ; Nombre de pages : 240

2 réflexions sur « Fahrenheit 451 (Ray Bradbury) »

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