Les sept morts d’Evelyn Hardcastle (Stuart Turton)

Le qualificatif qui résume pour moi le mieux ce roman est « inconstant » : inconstant dans son intrigue, inconstant dans son rythme, inconstant, parfois mais moins souvent, dans sa logique.

En effet, j’ai tout d’abord trouvé que l’intrigue, au fur et à mesure qu’elle se dévoilait, était intéressante, et de plus en plus intéressante, bien que certains de ses moments charnières étaient amenés d’une manière trop artificielle, et donc pas toujours assez crédible. Après un démarrage poussif, qui avait du mal à mêler subtilement toutes les temporalités et les points de vue présents dans le récit, mélange ayant pour but de découvrir qui était l’assassin d’Evelyn Hardcastle – je n’en dirai cependant pas plus sur le récit, je trouve que c’est le genre de roman qui se découvre du début à la fin personnellement – l’ensemble prend une consistance et un rythme enlevés, dignes de grands policiers classiques, servi de plus par des personnages typiques de ce genre, qui parviennent cependant à s’étoffer au fil du récit. Le summum est atteint dans la première partie du dénouement, tout à fait logique, qui donne une réponse inattendue, menée d’une main de maître par son auteur, aux premiers éléments de l’intrigue. Et tout d’un coup, à ma plus grande surprise, l’on en arrive à un final qui devient abracadabrantesque, ruinant toute la cohérence du reste, jusqu’à en faire une caricature de romans et de films policiers, extrêmement décevante, qui malheureusement restera ma dernière impression sur celui-ci.

En somme, j’ai lu Les sept morts d’Evelyn Hardcastle comme si j’étais dans des montagnes russes, passant tour à tour de l’exaltation permise par un récit très intéressant, rondement mené, à la dégringolade causée au contraire par des scènes ou personnages courus d’avance, ou pire, manquant d’une telle crédibilité qu’ils en devenaient caricaturaux. C’est pour moi un roman qui avait un fort potentiel, finalement gâché, et par un début aux rouages de construction narrative trop apparents, et par ce terrible dénouement qui m’a fait rire jaune pendant les trente dernières pages.

Date de publication originale / Dans cette édition : 2018 / 2020 ; Langue originale : Anglais (UK) ; Titre original : The Seven Deaths Of Evelyn Hardcastle ; Traduction : Fabrice Pointeau ; Maison d’édition : 10/18 ; Nombre de pages : 594

4 réflexions sur « Les sept morts d’Evelyn Hardcastle (Stuart Turton) »

    1. J’avoue que je me suis peu préoccupée du style dès les premières pages, j’ai vite compris que ce n’était pas cela qui me ferait apprécier le roman, mais plutôt son intrigue.

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  1. […] Ils en parlent aussi : Le dragon galactique, Bibliobad, Flo and books, Les indécises, A book and a cup, Les monologues de l’esprit, Sophy te parle, June and cie, Au pays des cave trolls, What June reads, Sometimes a book, Derrière mes binocles, Les jolis mots de Clem, Charlotte Parlotte, Sur mes brizées, EmOtionS, Les chroniques de Laulitta, Ibidouu, Muffins and books, Mots et merveilles, Les explorations de Loupit, Black books, Little book on the library, Magicobooks, La barista des livres, Entre ici, Robinson, La ronde des polars, 50 pages, Livrer des mots, Narre ton livre, Livresse de Lola, Émois livresques, L’art et l’être […]

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