Vers une aube radieuse (James Lee Burke)

Il est des romans comme celui-ci, desquels l’on serait totalement passé, sans un peu de hasard – ici pour valider un état dans mon challenge États-Unis -, et dont l’on pourrait regretter finalement le fait de ne les avoir pas lus.

Vers une aube radieuse est en effet un grand roman social, qui raconte avec âpreté le Kentucky des années 60 : les conflits violents, allant de la grève aux attentats, voire aux assassinats, entre syndicats et entreprises pour le travail dans les mines de l’état ; la contrebande de whisky de maïs fabriqué à la sauvette dans des caves ou des grottes secrètes, transporté dans d’autres états pour sa vente ; la misère, déjà présente, qui s’accentue avec les grèves et les difficultés de trouver du travail ; le désespoir, qui pousse par exemple Perry, protagoniste du roman, jeune homme même pas encore majeur, à enfreindre à plusieurs reprises la loi, et pour nourrir sa famille, et pour répondre à son besoin viscéral d’adrénaline et de violence.

Le récit est efficace, les descriptions détaillées, le propos percutant, et finalement, en peu de pages, une partie de l’Amérique des laissés pour compte – les ouvriers miséreux ici -, ceux que l’on ne décrit pas souvent, surtout en littérature, est racontée magistralement, dans toute sa crudité et sa véracité, dans toute sa désespérance, de plus en plus forte et de plus en plus indigne, jusqu’au dénouement, qui amène un peu de lumière, et rapproche Perry, justement, d' »une aube radieuse ». Où l’on prend conscience également du décalage tout aussi indigne concernant le droit du travail aux États-Unis, puisque ce roman, de ce qu’il décrit des mines, fait grandement penser à Germinal, publié quant à lui par Zola en … 1885 !

Ayant plus qu’apprécié la plume de James Lee Burke que laisse pressentir la traduction, ainsi que l’histoire de ce roman, je vais m’atteler à découvrir plus dans le détail cet auteur, peut-être par le cycle Dave Robicheaux.

Date de publication originale / Dans cette édition : 1970 / 2003 ; Langue originale : Anglais (US) ; Titre original : To The Bright and Shining Sun ; Traduction : Freddy Michalski ; Maison d’édition : Rivages ; Nombre de pages : 312

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