A peine libéré (George Pelecanos)

Michael Hudson est en détention provisoire lorsqu’il apprend que le témoin de son vol à main armée s’est finalement rétracté : de procès, il n’y a donc plus, et le jeune homme est libéré. Mais la rétractation du témoin n’est pas le fait du hasard : elle est due à Phil Ornazian, qui n’est autre que son avocat… Et Michael, de retour chez sa mère à Washington, découvrira la raison de ce coup de pouce inattendu à contrecœur quelques temps plus tard.

Je connaissais George Pelecanos scénariste de The Wire et de Treme, cocréateur de The Deuce avec David Simon – qui sont pour moi de grandes séries, The Wire en tête -, mais je ne le connaissais pas encore écrivain de romans policiers. L’on retrouve finalement sa patte à travers une intrigue qui prend le temps de se dérouler, tout en tenant la route, une ambiance hyperréaliste, avec description précise de certaines rues de Washington, et la mention des diverses marques présentes dans le roman (vêtements, chaussures des protagonistes, voitures…), des personnages bien campés, même si pas toujours assez profonds psychologiquement parlant. L’on retrouve aussi un bel hommage à divers auteurs de polars américains à travers les lectures de Michael, qui a trouvé en prison sa rédemption dans la littérature, et cet hommage va de l’évocation de titres à des citations, parfois longues, de romans de James Lee Burke, de Willy Vlautin, ou encore de Don Carpenter.

Le problème, c’est que j’ai eu l’impression, en fermant ce roman, de fermer un scénario, certes bien fourni, mais un scénario quand même : style sommaire, descriptions très visuelles et tout aussi sommaires, déroulement des actions par changement de point de vue très cinématographique, tout m’a fait penser à un récit calibré pour un film ou une série. Alors certes, je comprends mieux pourquoi David Simon et Ed Burns avaient notamment jeté leur dévolu sur George Pelecanos pour l’écriture de The Wire, aux côtés d’autres écrivains de romans policiers, mais ce n’est pas ce que j’aime lire : l’on reste dans quelque chose de trop peu étoffé pour donner un véritable souffle romanesque au récit, et pour me le rendre donc totalement intéressant.

Date de publication originale / Dans cette édition : 2018 / 2020 ; Langue originale : Anglais (US) ; Titre original : The Man Who Came Uptown ; Traduction : Mireille Vignol ; Maison d’édition : Calmann – Lévy Noir ; Nombre de pages : 360 pages

2 réflexions sur « A peine libéré (George Pelecanos) »

  1. J’avais beaucoup apprécié Suave comme l’éternité et surtout Tout se payé. Un auteur, un style que j’aime beaucoup sans connaître ses séries et film… Je pensais lire celui ci mais j’hésite nettement suite à ta chronique. Belle journée !

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    1. Il semblerait à la lecture d’autres avis que ce ne soit pas son meilleur. Je me laisserais bien tenter dans quelque temps par un des titres que tu proposes, à voir si cela confirme ces avis ! Belle journée à toi !

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