GrandMèreDixNeuf et le secret du Soviétique (Ondjaki)

Luanda, dans les années 1980. A PraiaDoBispo, plage à proximité d’un quartier défavorisé de la capitale angolaise, tout doit être démoli pour laisser place au mausolée d’Agostinho Neto, qui est mort en 1979, et qui était le premier président du pays, défenseur de la fin de la colonisation portugaise, instigateur d’une dictature à la manière soviétique à l’indépendance en 1975. Pour cela, les Soviétiques sont venus en masse et s’apprêtent à dynamiter la zone qui les empêche de continuer le chantier. Mais c’est sans compter sur certains enfants du quartier, narrateur en tête, qui vont tenter coûte que coûte de déjouer leurs plans. Et c’est sans compter aussi sur GrandMèreDixNeuf, aux dix-neuf doigts de main et de pied, grand-mère du narrateur, chez qui, ou à proximité de chez qui, toute l’aventure de la dynamite se noue et se dénoue, notamment du fait de la présence de CamaradeBotardov, officier Soviétique qui s’est attaché à elle.

Mêlant habilement histoire de l’Angola et vision d’un enfant sur cette histoire – vision aux accents autobiographiques semble-t-il -, GrandMèreDixNeuf et le secret du Soviétique est un roman rafraîchissant, empli d’humour malgré une situation tendue, de poésie également, mi-naïve mi-épique, transmise par le regard de notre jeune narrateur sur le monde et sur ceux qui l’entourent : ainsi des surnoms qu’il donne à tous, de sa grand-mère à son meilleur ami – TroisQuatorze, en lien avec Pi -, ou encore des descriptions faites, au fil du récit, des couleurs de Luanda, située au bord de l’océan Atlantique, selon les moments de la journée. L’imagination prend souvent le pas sur la réalité, et ce jusqu’au dénouement, qui ne sera pas tout à fait celui auquel l’on s’attend, en toute logique. Et c’est ce qui permet au roman, à mon sens, de rendre un bel hommage à l’enfance, à toutes ses potentialités, en un monde qui ne lui est pourtant pas toujours favorable.

Encore une très belle découverte issue des éditions Métailié, que je remercie de m’avoir permis de lire ce roman en avant-première via NetGalley. Je vais continuer mes lectures d’Ondjaki par Les transparents, un autre de ses romans traduits par les mêmes éditions.

Date de publication originale / Dans cette édition : ??? / 2021 ; Langue originale : Portugais (Angola) ; Titre original : AvóDezanove e o segredo do Soviético ; Traduction : Danielle Schramm ; Maison d’édition : Métailié ; Nombre de pages : 192

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