Les testaments (Margaret Atwood)

L’on sortait de La servante écarlate avec un sentiment d’inachevé, avec beaucoup plus de questions que de réponses sur Gilead – devenu Galaad dans ce deuxième roman -. Les testaments a le mérite de de répondre à l’ensemble de ce qui restait dans l’ombre.

Une quinzaine d’années a passé depuis l’histoire de DeFred, mais Galaad tient encore et toujours la barre. C’est une nation désormais acceptée par le reste du monde, de manière plus ou moins franche, même si tout le monde sait les exactions qui s’y produisent. Et c’est par l’intermédiaire de Tante Lydia, à travers un testament / journal, que nous découvrons l’envers du décor. Lydia y raconte son passé, ce qui l’a menée à devenir une des plus célèbres et redoutées tantes de Galaad ; elle y décrit également sa plus terrible machination, celle qui va lui permettre de mettre en déroute sa chère nation, déjà sur la voie de la déliquescence.

Autre narratrice, autre témoignage, autre vision de Galaad, cette fois en dehors des sphères du pouvoir : Agnes, fille du Commandant Kyle et de Tabitha, nous présente quant à elle sa vie de jeune fille de bonne famille qui approche du moment de devenir Épouse, à son grand dam ; heureusement pour elle, son avenir ne va pas du tout être celui auquel elle s’attend… Troisième narratrice, troisième témoignage, cette fois extérieur à Galaad, mais dont l’on va comprendre rapidement la présence dans le récit : Daisy est en effet une jeune canadienne de seize ans qui ne connaît Galaad que de nom, et via ce qu’on lui en dit à l’école ; mais très vite, elle va se rendre compte qu’elle est bien plus liée à cette nation, pour elle détestable, qu’elle ne le croit…

L’intrigue est bien menée, intéressante – même si assez prévisible -, toujours aussi percutante et troublante quant aux descriptions qui nous sont faites des horreurs commises à Galaad au nom de la Sainte Bible et de la supériorité masculine ; mais, tout comme pour le précédent tome, le récit n’en reste pas moins stylistiquement assez plat, ce qui m’a rendu encore une fois difficile l’accès aux personnages qui, malgré leur caractérisation plus importante cette fois, manquent encore beaucoup trop de profondeur.

Date de publication originale / Dans cette édition : 2019 / 2019 ; Langue originale : Anglais (Canada) ; Titre original : The Testaments ; Traduction : Michèle Albaret-Maatsch ; Maison d’édition : Robert Laffont ; Nombre de pages : 552

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