Les altruistes (Andrew Ridker)

En froid avec ses enfants depuis la mort de leur mère, Francine, deux ans plus tôt, Arthur Alter décide de reprendre contact avec eux une bonne fois pour toute en leur envoyant un courrier les invitant à lui rendre visite dans leur maison familiale à Saint-Louis. Ce geste, qui pourrait faire penser au mea culpa d’une personne qui sait qu’elle va bientôt mourir, sera, comme le découvriront Ethan et Maggie, new-yorkais d’adoption, beaucoup plus intéressé qu’il n’y paraît. Car le passé de la famille, qui s’infiltre au fil des pages, va rapidement mettre des mots sur la tension et le malaise ambiants qui suintent tout au long des Altruistes, et sur la raison, bien sûr, de l’invitation d’Arthur.

Par l’intermédiaire d’une construction narrative très outre-atlantique que l’on connaît désormais tous parfaitement – au point de saturer quelque peu -, faite de retours dans le passé, d’alternance de points de vue entre les quatre membres de la famille Alter, nous découvrons un portrait malgré tout fouillé et intéressant de cette famille qui a explosé au vol avant même sa naissance, ce que nous comprenons au fil du récit. C’est une famille américaine assez banale, assez caricaturale, écrasée par les non-dits de chacun, dont chacun veut fuir mais sans finalement toujours y parvenir, décrite avec une petite pointe de causticité qui lui donne son intérêt et sa profondeur romanesques.

A travers ce portrait familial, parfois au vitriol, se dessine des individualités fortes, qui symbolisent chacune à sa façon les travers d’une certaine tranche sociale de l’Amérique contemporaine, cette middle class qui vit dans des lotissements sans toujours se préoccuper de ce qui l’entoure, jusqu’au jour où le malheur lui tombe dessus.

Sans être d’une grande originalité, ce premier roman d’Andrew Ridker n’en reste pas moins à mon sens prometteur dans sa capacité à dépeindre avec beaucoup de justesse des personnages, et plus globalement une communauté entière par leur intermédiaire.

Je remercie les éditions 10/18 et NetGalley de m’avoir permis de découvrir ce roman pour sa publication au format poche.

Date de publication originale / Dans cette édition : 2019 / 2021 ; Langue originale : Anglais (US) ; Titre original : The Altruists ; Traduction : Olivier Deparis ; Maison d’édition : 10/18 ; Nombre de pages : 432

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