Les dynamiteurs (Benjamin Whitmer)

1895, Denver. Sam et Cora, deux adolescents à l’enfance misérable et chaotique, vivent dans l’Usine, bâtiment désaffecté des bas-fonds de la ville, accompagnés de nombreux enfants des rues, recueillis au fil des années par Cora pour les protéger des Crânes de Nœud, autrement dit les adultes. Car ces enfants qui, à la manière des enfants perdus de Peter Pan, ne veulent pas grandir et détestent les adultes, doivent chaque jour, justement, survivre au milieu de la barbarie inhumaine qu’imposent les hommes du quartier – clochards, souteneurs, vendeurs de drogue… -, particulièrement aux enfants abandonnés. Et c’est à cause d’un Crâne de Nœud, qui va d’abord les défendre face à une attaque de clochards voulant s’installer dans l’Usine, que leur existence va radicalement changer, Sam, narrateur du roman, en tête…

Roman qui commence sur les chapeaux de roues en termes de violence et de cruauté, Les dynamiteurs nous fait plonger au plus profond des bas-fonds de Denver, une des plus grandes villes de l’Ouest américain à cette époque, particulièrement corrompue et dangereuse pour quiconque n’en connaît pas les règles tacites. Ainsi, nous découvrons comment les hommes politiques, policiers, détectives – plus précisément les Pinkerton, association de détectives créée dans les années 1850 et œuvrant dans tous les Etats-Unis – font ce qu’ils souhaitent en ville, ont leurs propres moyens de subsistance illégaux, et se débarrassent des petits truands qui mettent à mal leur commerce… jusqu’à ce qu’un de ces truands n’accepte plus les règles imposées par les pontes de la ville. Roman en partie historique en somme, qui nous décrit la ville à l’acmé de sa déchéance, à l’âge d’or du Far West sans foi ni loi qui gangrène la société américaine.

Cette description faite sans gants de Denver, c’est Sam, adolescent des rues au cœur de la bataille, qui nous la transmet, à travers un regard d’une grande maturité pour son âge, regard permettant au roman de prendre des allures originales de récit d’apprentissage, en ce que c’est l’apprentissage pour la vie dans les bas-fonds et la marge qui est fait par Sam tout au long de son aventure.

Roman aux multiples facettes, à l’image de Denver, Les dynamiteurs est un roman que j’ai apprécié pour tout ce qu’il décrit, mais duquel je suis restée un peu trop à distance : je n’ai en effet jamais réussi à entrer pleinement dans le récit. La narration, à vouloir présenter la multiplicité et la vivacité de certaines scènes de manière quasi cinématographique, rend l’ensemble parfois indigeste à la lecture, et en toute logique peu crédible : beaucoup de coqs à l’âne sans explication et sans temps mort m’ont empêchée de m’imprégner de ce que je lisais, mon temps étant dévolu à la nécessité de remettre en place certains éléments de l’intrigue pour que le tout me paraisse logique.         

Date de publication originale / Dans cette édition : 2020 / 2020 ; Langue originale : Anglais (US) ; Titre original : The Dynamiters ; Traduction : Jacques Mailhos ; Maison d’édition : Gallmeister ; Nombre de pages : 400

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