La boîte en os (Antoinette Peské)

Avec un titre, une quatrième, et une illustration de couverture pareils, je m’attendais à lire un roman dans la plus pure lignée des romans fantastiques du XIXème siècle comme je les apprécie particulièrement, bien qu’il ait été écrit en 1941. Et je ne me suis pas trompée : entre la présence d’un récit enchâssé – Norbert, le narrateur, raconte l’histoire qu’un de ses amis, John Mac Corjeag, lui a transmise, histoire dans laquelle il finira lui-même par faire partie – ; d’une histoire d’amour qui touche au surnaturel et qui aura des conséquences dramatiques ; d’une construction narrative et d’un style classiques mais efficaces ; de descriptions fantasmagoriques de lieux comme miroirs de l’âme des personnages, notamment d’Ecosse, où auront lieu les principaux évènements de l’histoire ; ou encore de l’importance donnée à l’épanchement des sentiments et des émotions des protagonistes, tout est réuni pour que je passe un excellent moment de lecture.

Et l’originalité, me direz-vous ? Heureusement, en effet, ce roman n’est pas une simple copie des romans dont il s’inspire, puisqu’il remet au goût du jour quelques règles du genre pour entrer, bien sûr, davantage dans l’ère de son temps. Ainsi, Antoinette Peské fait le choix d’un dénouement tranché, qui ôte à la fin du roman le caractère fantastique qui l’avait imprégné dès les premières lignes : ici, pas d’hésitation quant à l’explication de l’histoire d’amour étrange qui nous racontée, car l’intérêt de cette histoire réside ailleurs. Il réside en fait dans une exploration profonde, parfois malsaine, des tréfonds de l’âme humaine, dans ses relations avec les passions qui l’envahissent, et dans les mutations causées par celles-ci. Élément qui avait aussi son importance au XIXème siècle, mais qui n’allait à mon sens pas aussi loin dans la description minutieuse des évolutions d’un personnage et d’une intrigue quant à leur basculement vers l’horreur et la folie – ce qui est somme toute logique, puisqu’entretemps auront eu lieu / auront lieu deux guerres mondiales, paroxysmes de l’horreur et de la folie que l’on n’hésite désormais plus à décrire.

La boîte en os est donc un roman que j’ai trouvé réussi, en ce qu’il parvient à rendre hommage au genre fantastique tout en le renouvelant avec beaucoup de maîtrise, sans pour autant le dénaturer. Je remercie les éditions Libretto et NetGalley de m’avoir permis de le découvrir.

Date de publication originale / Dans cette édition : 1941 / 2021 ; Maison d’édition : Libretto ; Nombre de pages : 224

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