Chems (Johann Zarca)

Zède rencontre Jérôme Dumont, artiste homosexuel des années 80 désormais oublié, pour écrire un article à son sujet. Au fil de leurs rencontres, le chemsex est de plus en plus souvent évoqué, Jérôme en étant un fervent adepte, jusqu’à ce que Zède, consommateur régulier de diverses drogues et curieux de découvrir par lui-même ce que réservent les nouveaux produits de synthèse couplés au sexe, se lance dans sa première séance. Complètement embarqué par les effets produits, il décide de rédiger un nouvel article/reportage, et ainsi de plonger encore plus profond dans les méandres de ce nouveau mode de consommation, quitte à en devenir dépendant et à bouleverser toute sa vie, amoureuse, familiale, amicale, mais aussi professionnelle.

Avec tous les retours que j’avais pu avoir sur Johann Zarca au sujet de ses autres romans – ce qui m’a donné justement envie de lire celui-ci en avant-première – j’avoue que je m’attendais à quelque chose d’un peu plus décalé et rentre-dedans stylistiquement parlant. Certes, certaines tournures mettent bien un peu à mal la syntaxe, certains termes argotiques sont bien présents, mais j’ai eu la sensation de lire un roman à la forme assez académique, en tout cas beaucoup plus lisse que nombre des auteurs anglo-saxons underground que je peux lire depuis de nombreuses années.

En soi, cela ne m’a pas empêché d’apprécier lire l’errance chimique et sexuelle de plus en plus foutraque que nous décrit l’auteur, entre défonces de plus en plus violentes et régulières, partenaires et pratiques sexuels de plus en plus nombreux et trash, descentes de plus en plus chaotiques et douloureuses, jusqu’à l’acmé d’un dénouement plutôt inattendu, menant au summum de la noirceur et de l’autodestruction. Errance que j’ai lue de fait d’une traite tant la construction narrative en est percutante et parfaitement rythmée, à tel point que certaines phrases pénètrent l’esprit avec force, nous laissant sur le carreau en même temps que Zède. Et c’est à ce niveau que j’ai davantage ressenti la patte underground de l’auteur, empreinte d’une crudité sombre et dérangeante, donnant lieu à un roman éprouvant, qui secoue son lecteur et l’entraîne dans les bas-fonds d’une âme humaine finalement assez banale.

Je remercie les éditions Grasset et NetGalley de m’avoir permis de découvrir ce roman qui, même s’il ne correspondait pas finalement tout à fait à mes attentes, a quand même été appréciable. Je lirai désormais volontiers Paname Underground, roman précédent de Johann Zarca, pour comparer et voir si le style y est moins sage, d’après ce que l’on a pu m’en dire.

Date de publication : 2021 ; Maison d’édition : Grasset ; Nombre de pages : 260

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