Ann Radcliffe contre Dracula (Bénédicte Coudière)

Nouvelle incursion dans une lecture sortant des sentiers battus – que j’enchaîne un peu en ce moment, entre fantasy, roman ou BD jeunesse – Ann Radcliffe contre Dracula l’est en effet, notamment car c’est un roman très court (un peu plus de 100 pages), ce qui est un challenge pour moi qui ai besoin de récits qui prennent leur temps. Et ce roman, issu du label Les saisons de l’étrange, porté par les éditions Les Moutons Électriques, publié par les éditions Moltinus, va sans surprise à l’essentiel, tant en termes d’intrigue que de développement des personnages.

Bénédicte Coudière a ici imaginé que l’inspiration d’Ann Radcliffe, pour son roman Les mystères d’Udolphe, provenait en fait de sa rencontre avec un vampire alors qu’elle était toute jeune fille, et encore nommée Ann Ward. Alors qu’elle est désormais mariée avec William Radcliffe, et qu’elle fait des cauchemars de plus en plus violents, elle reçoit un jour une invitation pour un bal, en Valachie. Elle comprend très vite que c’est un vampire qui est à l’origine de cette invitation, ce vampire étant, excusez du peu, le célèbre comte Dracula. Ni une ni deux, elle embarque, avec son mari et son domestique irlandais, pour les Carpathes, afin de résoudre le mystère de cette invitation…

En de nombreux points, le roman fait justement penser au roman gothique, comme l’écrivait Ann Radcliffe, autant quant aux descriptions de plus en plus inquiétantes des lieux et des personnages progressivement découverts, imprégnant bien le lecteur de l’atmosphère telle qu’il est en droit de l’attendre en se rendant dans les Carpathes de Dracula, que quant aux scènes pas toujours crédibles, plutôt précipitées, qui mènent l’héroïne au dénouement de son aventure fantastique. Bien sûr, le tout étant très synthétique, l’auteure ne s’attarde pas franchement sur ses personnages, exception faite pour notre protagoniste, de qui nous connaissons parfois les pensées, sentiments ou émotions, principalement à travers ses cauchemars, intermèdes réguliers au reste de l’action. A cela s’ajoute une scène finale qui fait plutôt pencher le roman vers le genre de l’horreur et de la série B, le tout se terminant par une scène d’accumulation de violence et de sang grandiloquents, voire grand-guignolesque, qui ajoute ainsi un degré ultime dans le manque de crédibilité de l’ensemble.

Malgré tout, lorsque l’on prend ce roman pour ce qu’il est, et pour ce qu’il se veut être, l’on passe un moment très sympathique : pas de prise de tête, c’est rythmé, vivant, parfois drôle, et c’est finalement réussi. Quant à ce que le label des Saisons de l’étrange se veut être, voici ce qui en est dit sur le site des Moutons Électriques :  » porté par une équipe de passionnés de séries B, de films Z et de pulps, [il] se revendique de la littérature d’évasion. Il invoque tous les esprits des mauvais genres dans des romans courts, lisibles au premier degré, d’aventures effrénées. Chaque roman propose un héros ou une équipe, chacun se lit de manière totalement indépendante, et se veut proche des comics : rapide, fun, toujours de manière légère, ludique, accessible à tous les lectorats.  » Un bon résumé de ma lecture en somme, parfaite avant une reprise du boulot sous peu qui va encore être bien tendue.

Date de publication : 2020 ; Maison d’édition : Moltinus ; Nombre de pages : 112

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s