Le néant quotidien (Zoé Valdès)

Avec perte et fracas, bienvenue dans la vie de Patrie – une autre Zoé Valdès ? -, née le 2 mai 1959, à quelques minutes près du 1er, jour des travailleurs, qui aurait fait la fierté de son père, employé dans les cannes à sucre autour de La Havane – même si l’honneur de la famille est sauf puisque le Che lui-même a posé son drapeau sur le ventre de sa mère en ce jour célébré du 1er mai – . Patrie, qui va devenir Yocandra à seize ans pour contenter le Traître, son premier amour, qui ne supporte pas son prénom, et qui quittera Cuba pour vivre avec lui en France, avant de revenir dans son île natale. Yocandra, qui sera une femme perturbée par le manque de ses amis, la Vermine et le Lynx, étant tous deux partis pour de meilleurs horizons. Perturbée également par la tournure qu’a prise la révolution cubaine, qui la fait vivoter entre deux coupures de courant et de gaz, entre possibilité d’obtenir de quoi manger décemment et travailler véritablement – non pas se rendre à son bureau et attendre que ça se passe, puisque la revue littéraire dont elle fait partie n’existe plus vraiment -, entre deux hommes pour qui elle tranche sa semaine – le Traître, toujours, et le Nihiliste – ; entre deux postures littéraires également – de la poésie des émotions, qui dit le mal-être de son île et de ses habitants, à la crudité des sens, qui trouve un échappatoire face à ce néant quotidien qu’est devenue Cuba pour elle.

Avec perte et fracas, bienvenue dans l’univers de Zoé Valdès, une autrice que je découvre avec regret sur le tard, tant j’ai été secouée par sa plume sans concession, qui ose dire la réalité cubaine des années 1980 et 1990, mais plus encore la violence, le sexe, le plaisir, la douleur, le sang, les larmes, dans toute leur nature primale, comme trop peu de plumes féminines osent encore le faire. Je n’ai désormais qu’une envie : découvrir l’un de ses recueils poétiques.

Date de publication originale / Dans cette édition : 1995 / 1997 ; Langue originale : Espagnol (Cuba) ; Titre original : La Nada cotidiana ; Traduction : Carmen Val Julian ; Maison d’édition : Actes Sud ; Nombre de pages : 162

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s