Des souris et des hommes (John Steinbeck / Rebecca Dautremer)

Enfin, j’ai lu la version illustrée par Rebecca Dautremer des Souris et des hommes ! Pour la petite histoire, suivant avec beaucoup d’intérêt les publications de cette autrice-illustratrice que j’apprécie depuis très longtemps, je m’étais empressée de précommander celle-ci chez mon libraire, ayant de plus dans mes cartons de très nombreuses relectures du roman – en voici d’ailleurs mon avis ici -. Cette version était donc en attente, bien au chaud, depuis octobre, dans ma bibliothèque… avant que je me décide enfin à m’y lancer à corps perdu. Et comme j’ai bien fait !

C’est une autre Rebecca Dautremer qui s’exprime ici par ces illustrations, du moins c’est une partie qui ne s’était pas encore exprimée pleinement dans ses autres publications. L’on retrouve bien sûr son style réaliste et délicat, tant en termes de choix de couleurs que de traits, plutôt présent dans les représentations de décors pour illustrer les pages de garde des chapitres, qui mettent bien en lumière les lieux du roman, leur aspect figé quelques instants dans un effet carte postale envoûtant. L’on est ainsi pleinement plongé dans les années 1930 américaines, ce qui est encore davantage conforté par les multiplication des références à cette époque, au travers de planches publicitaires décalées, notamment, qui font entracte au récit.

Et puis il y a autre chose, qui se ressent déjà dans ces planches publicitaires, un style plus saccadé, plus violent, plus surréaliste, encore une fois présent et dans le choix des traits et dans le choix des couleurs, avec par exemple l’omniprésence du rouge, qui s’introduit de plus en plus dans les pages aux tons plus froids : rouge de la robe de la femme de Curley, rouge des scènes de tension entre les personnages, rouge du drame final…, ou encore la représentation des dialogues entre les personnages à la manière de storyboards comme simplement esquissés, donnant vie au dynamisme qui se pressentait déjà dans la plume de Steinbeck, et rendant hommage au cinéma – une des multiples manières de le faire d’ailleurs tout au long des pages – . C’est sans compter également sur ces mêmes scènes de dialogue accompagnées du texte original anglais, poussant encore plus loin l’aspect cinématographique et dynamique de celles-ci, pour mon plus grand plaisir.

Un style qui surprend chez cette autrice-illustratrice, mais qui saisit et transmet avec une parfaite acuité tout le sens et la beauté dramatique du roman, d’une époque également, que Steinbeck avait voulu faire percevoir : c’est un style métamorphe, d’une grande complexité, qui montre toutes les capacités artistiques de Rebecca Dautremer, en donnant pleinement vie au roman et en montrant toute la mesure de sa richesse et de sa complexité malgré sa brièveté. Une grande œuvre graphique qui me fait attendre avec encore plus d’impatience sa prochaine folie jacominesque prévue pour la fin de l’année.

Date de publication originale / Dans cette édition : 1937 / 2020 ; Langue originale : Anglais (US) ; Titre original : Of Mice And Men ; Traduction : Maurice Edgar Coindreau ; Maison d’édition : Tishina ; Nombre de pages : 420

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