Comme des bêtes (Violaine Bérot)

Qui est cette petite fille nue, mais en pleine santé, trouvée par un randonneur, dans une grotte, à proximité de la maison de l’Ours et de sa mère ? Et pourquoi l’Ours a-t-il agressé le randonneur après cette découverte ? C’est ce que nous décrit ce roman choral, en donnant la parole, pendant la garde à vue de celui qui a été surnommé ainsi dès son enfance – tant en raison de sa carrure et de sa force impressionnantes, que du fait de s’exprimer uniquement par grognements foncièrement ursidés – à tous ceux qui ont leur mot à dire sur cette étrange affaire ayant lieu au fin fond d’un petit village des Pyrénées.

Ainsi, les avis, et sur l’Ours, et sur sa mère, et par prolongement sur la présence de cette petite fille dans la grotte, elle-même surnommée la Grotte aux Fées – s’exprimant d’ailleurs via des passages poétiques, eux-mêmes chœur des fées, qui alternent avec les divers témoignages -, se multiplient, se confirment, se contredisent aussi, mais dans tous les cas mettent magistralement en évidence toute la résonance que peuvent avoir les on-dit sur un village et ses villageois, que ces on-dit soient d’explication surnaturelle ou non, ancestraux ou au contraire tout récents. Ils mettent aussi en évidence, avec beaucoup de justesse, la violence, physique ou verbale, faite à la différence, choisie ou subie, lorsque l’on ne rentre pas dans les cases socialement préconçues par notre monde – bien qu’heureusement, cette violence ne soit pas le fait de tous, comme le prouvent certains témoignages bienveillants parce qu’objectifs. Et le titre, vient, je trouve, parfaire le sens que l’on peut donner à ce roman intense et émouvant, bien que bref : les bêtes, – et le pluriel insiste bien dessus -, ce n’est pas l’Ours, justement, qui est, finalement, le plus humain de tous, mais les autres, ceux qui le qualifient de bête parce qu’il s’est permis de vivre différemment, en harmonie avec la nature, qui l’a, elle, accepté sans sourciller.

Une belle découverte que ce roman de Violaine Bérot, qui me donne envie de lire, et ses autres ouvrages prévus après celui-ci (qui formeront une trilogie si j’ai bien compris), et ses ouvrages précédents. Je remercie les éditions Buchet-Chastel et NetGalley de m’avoir permis cette lecture.

Date de publication : 2021 ; Maison d’édition : Buchet-Chastel ; Nombre de pages : 160

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