New York sera toujours là en janvier (Richard Price)

Peter Keller, jeune homme issu d’un milieu modeste, est recalé pour son admission à la fac de droit de Columbia. Sur liste d’attente, il rentre chez son père et sa belle-mère, vivote de petits boulots en petits boulots, cherche un sens à sa vie, sans vraiment y parvenir, jusqu’à décider de retourner sur le campus qui l’a vu obtenir son diplôme de lettres en 1971. Décision qui le mènera à des changements revigorants, mais suffiront-ils à donner le sens qu’il cherche à son existence ? Rien n’est moins sûr…

Après une mise en route laborieuse pour prendre le train de la vie, somme toute assez morne, de Peter, j’ai fini par me laisser entraîner à sa suite, entrant finalement pleinement dans le récit à son retour au campus. Avec ce retour au campus, le roman, qui restait à mon sens trop centré sur son protagoniste, lui-même trop autocentré, en cela arrogant et pathétique – mais, après tout, rien de tel pour bien camper le personnage et comprendre son comportement ensuite, même si cela peut être laborieux -, se tourne vers une plus complète galerie de personnages, acteurs principaux, tels Jack, Kim, ou encore Tony, d’une remarquable précision, physique comme psychologique, comme figurants disséminés au fil des lieux dans lesquels se rend Peter. Dans tous les cas, cette galerie nous dévoile progressivement un véritable art du portrait, parce que dynamique, parce que vivant – ce que viennent aussi confirmer les dialogues, criants de réalisme -, parce que ponctuant le récit avec un naturel exceptionnel, donnant à certaines scènes un aspect pictural assez remarquable.

New York sera toujours là en janvier est en somme un roman tableau, un roman d’ambiance, que vient compléter un rythme narratif peu soutenu, où l’on parle beaucoup, où, lorsque l’on s’appelle Peter Keller, l’on pense beaucoup, pour rien ou peu, où l’on est aussi souvent victime de crises de paranoïa aiguës ridicules qui ne font qu’insister sur le manque de confiance du personnage, sur son incapacité, également, à maîtriser les moindres codes, sociaux, professionnels, ou encore amoureux. C’est un roman qui nous dépeint ainsi, à travers le monde qui l’entoure, un anti-héros, attachant à sa façon malgré son égocentrisme crasse, son incapacité à se remettre en question, et son humour souvent douteux, qui ne trouve sa place nulle part, ou presque, et qui cherche désespérément quoi faire de lui après son échec premier qui l’a empêché d’accéder aux études de droit rêvées.

Je remercie les éditions 10/18 et NetGalley de m’avoir permis de découvrir et ce roman, dans sa publication en poche, que j’ai fini par apprécier, et Richard Price, dont j’essaierai désormais de lire d’autres romans.

Date de publication originale / Dans cette édition : 1983 / 2021 ; Langue originale : Anglais (US) ; Titre original : The Breaks ; Traduction : Jacques Martinache ; Maison d’édition : 10/18 ; Nombre de pages : 672

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