Vent d’est, Vent d’ouest (Pearl Buck)

Kwei-Lan a été élevée dans la plus pure tradition chinoise, pour faire honneur et à sa famille, étant une des grandes familles de la région, et à son futur mari, promis depuis de nombreuses années. C’est pourquoi la jeune femme tombe des nues lorsqu’arrive son mariage et que son mari, parti étudier la médecine en Occident, est plutôt réfractaire à ces traditions qui lui ont été enseignées pour lui plaire, et a donc bien du mal à éprouver un quelconque intérêt pour elle.

Roman sur l’amour, ou plus précisément sur les amours – entre homme et femme, entre parents et enfants, entre frères et sœur, de ses origines – Vent d’est, Vent d’ouest nous conte par cet fil thématique et narratif conducteur le choc des cultures ébranlant la Chine au début du XXème siècle, entre respect des traditions ancestrales souhaité par les grandes familles, et difficulté d’acceptation des nouvelles mœurs occidentales apportées par une génération de jeunes hommes partis étudier en Europe ou aux États-Unis. Kwei-Lan, notre protagoniste, qui écrit un journal à sa « sœur » racontant l’histoire de son amour pour son mari, l’histoire d’amour de son frère pour une occidentale qu’il amènera en Chine contre vents et marées, et leurs conséquences sur l’ensemble de leur famille, est le parfait symbole de ce choc culturel. Elle est en effet celle qui est de plus en plus dans l’entredeux, en raison de ses nombreuses discussions avec son mari, qui la font relativiser sur certaines de ses croyances – peut-être parfois un peu trop, comme si la culture occidentale était forcément la bonne culture -, et plus encore de sa rencontre avec sa belle-sœur, qu’elle découvrira certes avec des coutumes différentes, mais avec le même amour au cœur qu’elle.

Un roman en somme assez riche malgré sa brièveté, intéressant à lire, mais qui m’a parfois gênée quant à cette fâcheuse impression de jugement occidental de la culture chinoise, notamment en ce que c’est Kwei-Lan, et exclusivement elle, qui relativise sur sa culture par l’intermédiaire de son mari, alors que la culture occidentale est toujours présentée comme la plus pertinente, la moins barbare, et en ce que les jugements que porte le personnage principal au sujet de cette culture qui lui est étrangère sont toujours, au bout du compte, révisés positivement au fil du récit. Où l’on sent que nous sommes dans les années 1930…

Date de publication originale / Dans cette édition : 1931 / 2010 ; Langue originale : Anglais (US) ; Titre original : East Wind, West Wind ; Traduction : Germaine Delamain ; Maison d’édition : Le Livre de Poche ; Nombre de pages : 154

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