L’attrape-malheur T1 : Entre la meule et les couteaux (Fabrice Hadjadj, illustrations Tom Tirabosco)

Suite à deux mésaventures qui auraient dû lui coûter la vie, mais après lesquelles un jeune adolescent, Jakob Traum, fils longuement désiré des meuniers du village de Rarogne, demeure étonnamment indemne, il ne fait plus aucun doute qu’il est un attrape-malheur – je n’en dirai pas plus sur cet étrange statut, laissant à chacun le soin de découvrir ses tenants et aboutissants -. A cette terrible découverte, le destin de Jakob va basculer, à un point qu’il n’imagine pas…

Roman qui débute dans un cadre plutôt bucolique et bienheureux, avec, à la manière des récits médiévaux, un conteur très présent, tenant un langage léger, poétique et chantant, interpellant avec joie son lecteur, ce premier tome des aventures de Jakob bascule assez vite dans une atmosphère bien plus sombre, malgré des pointes de légèreté qui réapparaîtront par ci par là, notamment avec la présence du roi Kovnov VII trois-quarts à la toute fin. Dès les derniers chapitres de la première partie, en effet, lorsque Jakob se découvre bien malgré lui attrape-malheur, son monde bascule, puisque chacun le repousse et/ou le craint, notamment ses parents, jusqu’à divers drames qui vont, et lui forger une carapace agissant comme repoussoir des divers sentiments humains qui pourraient lui nuire, et le mener contre son gré à rejoindre une troupe de forains créée il y a de nombreuses années par un certain Barnoves pour des raisons tout aussi dramatiques, que nous découvrirons au fil du récit. La deuxième partie reviendra plus longuement sur la description de la troupe, sur l’apprentissage de Jakob en tant que membre du cirque et, par l’intermédiaire de Barnoves, qui devient son mentor, la présentation des contrées dans lesquelles tout ce petit monde gravite. Un univers entier nous est ainsi précisément esquissé, petites touches par petites touches, univers intéressant mais somme tout assez classique, autant dans les toponymes utilisés, dans leurs descriptions, que dans l’histoire, la culture, ou encore le fonctionnement politique de ces contrées, à partir duquel la tension est d’ailleurs palpable, laissant rapidement attendre le pire dans l’intrigue. De cette façon, récit d’apprentissage de Jakob et découverte du monde qui lui permet de parfaire cet apprentissage sont parfaitement liés, parfaitement amenés par la narration afin d’introduire la trilogie.

Les illustrations de Tom Tirabosco qui accompagnent le roman sont particulièrement réussies en ce qu’elles rendent parfaitement l’atmosphère à laquelle l’on s’attend, notamment par l’utilisation du noir et blanc, et l’aspect comme charbonneux du trait typique du dessinateur, qui soulignent ainsi le caractère sombre de l’histoire.

Bien mené, cohérent, bien écrit – ce qui est tout à fait louable, notamment pour un public adolescent -, posant efficacement les bases d’un univers et d’un personnage intéressants, bien que manquant un peu d’originalité, ce premier tome de L’Attrape-malheur a été une lecture plus qu’agréable, qui m’a donné immédiatement envie d’enchaîner avec le second tome. Je remercie les éditions La Joie de Lire et Babelio de m’avoir permis de découvrir ces deux premiers tomes de la trilogie à l’occasion de la publication du second le 22 avril.

Date de publication originale : 2020 ; Maison d’édition : La Joie de Lire ; Nombre de pages : 268

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