Une chambre en Allemagne (Carla Maliandi)

Fuyant Buenos Aires après une rupture difficile, une trentenaire argentine emménage dans une résidence étudiante, à Heidelberg, lieu qui n’est pas choisi au hasard puisqu’elle y a vécu jusqu’à ses cinq ans, ses parents s’y étant installés pour échapper à la dictature. Elle n’est en aucun cas étudiante, ne souhaite pas le redevenir, mais ce qu’elle cherche dans la location de cette chambre allemande, outre un prix défiant toute concurrence, c’est la possibilité de faire une pause dans sa vie qui lui semble partir à vau-l’eau.

Et finalement, cette pause existentielle aura l’effet escompté puisque la jeune femme, entre déambulations erratiques bienvenues dans cette ville emplie de souvenirs, rencontres plus ou moins inattendues mais bienfaitrices, va retrouver un sens à son existence, peut-être pas celui auquel elle s’attendait cependant.

Roman bref, d’un peu plus de 150 pages, qui nous présente une tranche de vie d’une jeune femme dont nous ne connaîtrons jamais le nom, et sur qui nous n’aurons, finalement, que bien peu d’informations, Une chambre en Allemagne est, tout comme pour la protagoniste de ce récit introspectif, paradoxalement coupé du monde qui l’entoure, une pause salutaire pour le lecteur dans le rythme effréné de nos existences, pause emplie d’évènements simples mais fondateurs d’une nouvelle façon de concevoir le monde et les choses, pause parfois poétique, parfois au contraire foncièrement prosaïque, avec toujours, en toile de fond, le fantôme de l’Argentine, celui de la dictature qui a fait vivre ses parents à Heidelberg, mais aussi celui que la jeune femme a quitté brutalement, en faisant le choix d’un exil potentiellement chaotique.

Voici encore une belle découverte d’une nouvelle autrice hispano-américaine, dont je suivrai les prochaines publications avec plaisir. Je remercie les éditions Métailié et NetGalley de m’avoir permis cette découverte.

Date de publication originale / Dans cette édition : 2017 / 2021 ; Langue originale : Espagnol (Argentine) ; Titre original : La habitación alemana ; Traduction : Myriam Chirousse ; Maison d’édition : Métailié ; Nombre de pages : 160

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