Ma vie en prison (Kim Hong-Mo)

Ma vie en prison est un récit autobiographique, dans lequel Kim Hong-No a préféré changer le nom de son personnage principal pour, comme il l’explique à la fin de son récit, montrer que certes, c’est son histoire, mais qu’il l’a parfois narrativement transformée, et qu’elle est aussi représentative de nombre d’étudiants dans son cas à cette époque. Cette époque, à la fin des années 1990, c’est celle pendant laquelle, en Corée du Sud, l’on peut encore se faire arrêter parce que l’on a manifesté pour dénoncer les massacres et répressions de mai 1980 qui ont eu lieu pendant les manifestations dénonçant la corruption du gouvernement en place, et demandant sa démission.

Yongmin, étudiant en arts à l’université Hongik, est en effet arrêté et incarcéré après une manifestation car il est considéré comme faisant partie des meneurs dont il faut se débarrasser pour mettre à mal les mouvements syndicaux estudiantins. Il se retrouve dans une petite cellule, à 9, en attente de son procès pendant de longs mois, avec de véritables criminels, coupables de meurtres, de récidives… et il va ainsi découvrir un autre monde, non seulement celui de la prison, mais aussi des hommes qui y passent une grande partie de leur vie. Le récit autobiographique devient ainsi portrait, non seulement de ces détenus avec qui il finit par se lier, mais aussi de la Corée du Sud, dans toutes ses contradictions et ses faces cachées historiques, racontées via des retours en arrière s’entremêlant au quotidien carcéral de Yongmin, jusqu’à sa libération.

Bien que franchement intéressée par le récit transmis par Kim Hong-mo, j’ai été moins réceptive à son trait de crayon, question de goût ici bien sûr, que j’ai trouvé souvent trop grossier et schématique, vraiment parfois un peu trop minimaliste. Je n’ai de fait pas réussi à m’imprégner complètement de la réalité de son récit, que j’ai trouvé, pour cette raison, graphiquement désincarnée à certains moments. Conception très rigide des choses, je l’avoue, mais je suis très rigide en terme de bande-dessinée, rien à faire.

Je remercie les éditions Kana et Babelio de m’avoir permis de découvrir cette bande-dessinée, vraiment riche, en ce que j’y ai appris de nombreuses choses sur l’histoire de la Corée du Sud avec laquelle je ne suis pas du tout familière.

Date de publication originale / Dans cette édition : ??? / 2020 ; Langue originale : Coréen ; Titre original : ??? ; Traduction : Yeong-hee Lim ; Maison d’édition : Kana ; Nombre de pages : 224

2 réflexions sur « Ma vie en prison (Kim Hong-Mo) »

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