Un ours qui danse (Vincent Jolit)

Remonter le temps dans la bibliographie d’un auteur que l’on découvre sur le tard peut réserver des surprises. Ce fut le cas à ma lecture d’Un ours qui danse, roman publié en 2016, alors que je n’avais lu précédemment que Transalpin, publié l’année dernière.

Surprise ici stylistique, moi qui avais été conquise par l’ampleur des phrases, leur souffle poétique, leur capacité à raconter ainsi la vie d’un homme en accéléré. Ici, en effet, pas de construction surprenante, mais une facture romanesque beaucoup plus classique, qui nous entraîne, en parfaite alternance, à la suite d’un trio, entre le début du XXème et le début du XXIème, trio qui aura en commun la danse. L’un, Fiodor, deviendra danseur aux Ballets Russes, à Saint-Pétersbourg ; l’autre, Franz, sera chorégraphe, en partie à New York ; la troisième, Françoise, accompagnera son amie dans un atelier de danse toulonnais après la mort de son mari. La danse sera, pour les trois, une forme d’échappatoire, une forme de révélation à soi, mais aussi au monde qui l’entoure, imprégnant le récit, parfois de toute sa délicatesse, parfois de toute sa brutalité, dans tous les cas de toute la force qu’elle parvient à donner aux corps, même, et plus encore dans les moments les plus dramatiques.

Une fois la surprise passée, le charme a de nouveau opéré : les protagonistes, remarquablement bien campés, sont d’un romanesque comme je les apprécie, mêlant histoire et Histoire avec beaucoup de naturel. La plume, bien que plus classique, n’en est pas moins dénué d’un style toujours poétique, sensible et dynamique, qui retranscrit à mon sens parfaitement cet art vivant, en constante évolution, qu’est la danse. Car à travers l’histoire de ces personnages et l’Histoire du monde qui les cerne, c’est aussi, d’une certaine façon, l’histoire de la danse qui apparaît en filigrane.

Une deuxième lecture qui me donne donc envie de poursuivre, avec intérêt, ma découverte des œuvres de Vincent Jolit : jamais deux sans trois quant à une potentielle surprise ?

Date de publication : 2016 ; Maison d’édition : La Martinière ; Nombre de pages : 416

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