Classique du mois : avril/mai => Notre-Dame de Paris (Victor Hugo / Illustrations Benjamin Lacombe)

Il m’en aura fallu, du temps, pour relire ce grand roman historique. Période peu propice pour me plonger dans les alcôves de Notre-Dame certes, mais surtout beaucoup de mal à entrer dans le récit, cette fois – je n’en ai pas souvenir pour ma première lecture. Il est vrai que les premières parties, reconstruisant avec beaucoup de précision et de grandiloquence le Paris médiéval, ne sont pas les plus dynamiques, nous mettant en prise avec la dissertation hugolienne dans toute sa splendeur, pas toujours évidente à suivre après de longues journées, bien que passionnante : l’art, bien sûr, la religion, la politique, l’histoire…, tous les sujets qui lui tiennent, habituellement, à cœur. Dissertation ponctuée, et heureusement, par ci par là, de présentation des personnages centraux du roman, de la Esmeralda à Quasimodo, en passant par Frollo, Phoebus, ou Gringoire, de lieux emblématiques, que ce soit la cour des Miracles, ou les premières esquisses de la cathédrale avant qu’elle ne devienne un personnage à part entière.

Et puis, une fois tous les rouages en place, permettant au lecteur du XIXème de se représenter la capitale bien des siècles auparavant, l’intrigue se met vraiment en branle, au rythme du chant des cloches de Notre-Dame orchestré par leur gardien, chant puissant et grave, mais malgré tout mélodieux. Les personnages masculins, majoritaires, tissent des liens, petit à petit, autour de la bohémienne, mais aussi de la grande dame en pierre, qui attirent à elles tous les regards et tous les cœurs, jusqu’à la tragédie finale pressentie dès l’apparition de la Esmeralda sur le parvis de Notre-Dame. Ces personnages prennent véritablement corps par la présence de ces deux entités fascinantes et inquiétantes, symboles du Romantisme flamboyant, l’une humaine, l’autre création humaine, l’une étant l’image de la féminité troublante, l’autre le plus grand monument gothique de l’époque. Roman historique typiquement de son temps en somme, avec ses fulgurances géniales et ses poncifs, déjà désuets en 1831, mais toujours aussi remarquable.

La raison première de cette relecture, c’est que je me suis procurée il y a quelques années l’édition illustrée par Benjamin Lacombe, et qu’il était plus que temps que je me plonge dedans. Ses illustrations mettent parfaitement en valeur les personnages et lieux clés du roman par un trait caractéristique, empli de sensibilité, de grâce et de poésie délicate.

Date de publication originale / Dans cette édition : 1831 / 2013 ; Maison d’édition : Soleil ; Nombre de pages : 600

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