Olinka (Antonio Ortuno)

Olinka, c’est un complexe de luxe dont la construction, à Guadalajara, se fonde sur diverses escroqueries, notamment via l’appropriation illégale de terrains publics. C’est un complexe de luxe qui ne sera jamais terminé car l’escroquerie sera découverte avant, et l’un de ses instigateurs sera mis à l’ombre. Enfin, instigateur, plutôt un homme complaisant qui, par loyauté envers son beau-père, va payer pour lui cette escroquerie. C’est ainsi qu’Aurelio Blanco restera quinze ans en prison, ce alors qu’il lui avait été promis qu’il n’y resterait que bien moins longtemps. A sa sortie, qui signe le point de départ du roman, nous le suivrons, d’abord pendant sa réacclimatation à la société, pas toujours facile après un tel laps de temps, puis face à la vengeance qu’il a ourdie contre son beau-père, qui ne se passera pas du tout comme prévu.

Dans ce roman, passé et présent se mêlent pour mieux nous conter Olinka, ce rêve de complexe de luxe qui n’arrivera pas à terme, et comment, dans cette ville mexicaine gangrénée par la corruption, il est possible de devenir démiurge, à condition d’avoir plus d’argent et de pouvoir que les autres. Nous oscillons ainsi entre descriptions d’une Olinka rêvée, idéale, comme elle aurait dû être, et ce qu’elle est finalement devenue, laissée à l’abandon, n’ayant que quelques habitants, dont le beau-père d’Aurelio. Nous découvrons également comment, en quinze ans, chaque personnage du roman a évolué, principalement de l’ascension à la chute, jusqu’à une fin plutôt inattendue, non dénuée d’humour et de légèreté du fait de ce surprenant dénouement. Les différentes temporalités sont bien amenées et permettent une lecture fluide et plaisante, même si je ne pense pas en garder souvenir très longtemps, l’ensemble manquant malheureusement d’originalité et de densité pour vraiment m’interpeller sur le long terme.

Date de publication originale / Dans cette édition : 2019 / 2021 ; Langue originale : Espagnol (Mexique) ; Titre original : Olinka ; Traduction : Margot Nguyen Béraud ; Maison d’édition : Christian Bourgois ; Nombre de pages : 260

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