Classique du mois : Juin => La Nouvelle Héloïse (Jean-Jacques Rousseau)

Rousseau et moi, c’est une histoire d’antipathie depuis les premiers essais de lecture avec les Confessions, qui n’a fait que s’exacerber au fil des ans et des découvertes obligées en fac de lettres. Je partais donc sur un a priori on ne peut plus négatif face à cette monstrueuse – en termes de longueur – lecture agrégative au programme. Bien m’en a pris, au moins je n’ai pas été déçue…

Comme je l’ai toujours détesté chez Rousseau, j’ai retrouvé cette plume à mon sens larmoyante et ampoulée, en constante justification inutile des faits et gestes des personnages. Je n’ai, à aucun moment de fait, pu éprouver de la sympathie pour Julie ou pour Saint-Preux, peut-être davantage pour Claire, cousine de Julie, à l’expression plus limpide et pertinente, de même que je n’ai pu trouver un quelconque intérêt à leur correspondance. A trop vouloir faire s’exprimer la sensibilité de ses personnages, elle en perd toute crédibilité et saveur, et cette histoire d’amour, qui aurait voulu, par l’intermédiaire du genre épistolaire, faire au plus vrai, a pour moi quelque chose d’un peu trop artificiel qui me gêne, et me rend difficile l’accès au sens, parfois plus profond et intéressant, de certaines lettres, qui dépassent le cadre amoureux.

Il me sera donc difficile d’analyser ce roman à l’aune de mon aversion forte pour le style de Rousseau, mais, heureusement, la multiplicité des voix et le statut énonciatif particulier du genre épistolaire, ici parfaitement mis en scène – je n’aime pas la plume de Rousseau, mais je lui reconnais une certaine capacité de construction narrative -, ainsi que les lettres qui dépassent la simple évocation de la relation entre nos deux amants, devraient me donner suffisamment de grain à moudre pour passer outre ce qui me déplaît.

Date de publication originale / Dans cette édition : 1761 / 2018 ; Maison d’édition : GF ; Nombre de pages : 992

2 réflexions sur « Classique du mois : Juin => La Nouvelle Héloïse (Jean-Jacques Rousseau) »

  1. C’est triste d’avoir à faire une chronique pour un auteur qu’on déteste tant. Rousseau suscite cela chez beaucoup de personnes, qui aimeraient semble-il le rayer du paysage. Pourquoi une telle charge qui m’étonne par son caractère définitif ? Trop clivant comme on dit ? Moi j’aime lire et relire ses œuvres notamment les confessions et j’espère qu’il continuera à être au programme des études littéraires.

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    1. Le rayer du paysage, non, tout de même pas pour ma part, il fait partie de l’histoire littéraire. Et même si j’ai beaucoup de mal avec son style, comme je le reconnais ensuite, je ne dénie pas certaines de ses qualités de composition. Ce qui ne me convient pas, et ne me conviendra jamais chez Rousseau, et c’est très personnel, c’est qu’il n’est pour moi jamais sincère. Qu’il écrive des romans, des essais, son autobiographie, je le trouve toujours trop artificiel, dans le besoin de jouer, ou faire jouer, un rôle, qui pourra toujours être justifié. Ce n’est pas du tout ma sensibilité en somme, mais je conçois que l’on puisse apprécier 😉

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