Le blues du troglodyte (Kenneth Cook)

Simon Crown est un loser dans toute sa splendeur : à trente-cinq ans, il est en instance de divorce et est parti s’installer en plein Outback, à Ginger Whisker, au milieu des mines d’opale et des maisons troglodytes, qui sont le seul moyen de supporter la chaleur suffocante de la journée, avec les pubs, extrêmement nombreux proportionnellement à la taille de la ville, emplis de mineurs une fois que le travail est terminé. A la fois propriétaire d’une station de radio et d’une mine, il est criblé de dettes, passe ses journées et ses nuits à boire, selon les heures bière ou whisky. Et puis, un jour, au milieu de ce quotidien pathétique, son banquier lui propose un partenariat avec un des pontes de la ville afin de lui permettre d’éponger ses dettes, et peut-être même de faire fortune. Le sang de Simon, imbibé d’alcool comme d’habitude, ne fait qu’un tour…

Avec un personnage principal pareil, qui suinte l’anti-héros dès les premières lignes, l’on ne peut que prendre ce roman au second degré, et heureusement, parce que plus les pages filent, plus les situations sont déjantées, jusqu’à la scène quasi finale complètement surréaliste, summum et de la vie dépravée ayant cours à Ginger Whisker, et de la loose de Simon, comme toujours subissant les évènements qui ont lieu autour de lui et avec lui. Déjanté aussi est l’esprit de Simon, que nous suivons par l’intermédiaire d’une narration à la première personne, et qui passe son temps à dériver dans des digressions égocentrées on ne peut plus futiles, ne faisant que renforcer le pathétique du personnage. Personnage somme toute pathétique, mais qui finit par être, un peu, attachant.

Derrière notre anti-héros se dessine également une image pas forcément plus glorieuse de l’Australie des marges, géographiques s’entend, qui se laisse vivre au rythme de la chaleur du désert, à la recherche de la moindre occasion de faire de l’argent, plus ou moins légalement, de boire jusqu’à plus soif, de trouver un sens à une vie bien morne.

En somme, une deuxième bonne surprise estivale que ce Blues du troglodyte.

Date de publication originale / Dans cette édition : 1977 / 2021 ; Langue originale : Anglais (Australie) ; Titre original : The Underground Man ; Traduction : Mireille Vignol ; Maison d’édition : Autrement ; Nombre de pages : 352

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